Dossier : L’efficacité énergétique

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Efficacité énergétique et intensité énergétique versus sobriété énergétique

Mieux consommer l'énergie nécessaire aux activités humaines : tel est le but de l'efficacité énergétique. Permettant de réduire les factures énergétiques et de continuer à faire face aux besoins des habitants de la planète, cette recherche de la performance s’est mondialisée depuis quelques décennies. Mais les progrès sont confrontés aux enjeux de la compétitivité, des coûts et capitaux à investir ou de la crise économique.

Un éclairage urbain moins énergivore, par exemple solaire, améliore l’efficacité énergétique à qualité de service égal. ©THINKSTOCK

Efficacité énergétique, sobriété énergétique et intensité énergétique

La recherche de l’efficacité énergétiqueEn économie, l'efficacité énergétique désigne les efforts déployés pour réduire la consommation d'énergie d'un système... désigne les efforts déployés pour réduire la consommation d'énergie d'un système (bâtiment, usine, véhicule...) à service rendu égal. Elle se mesure par le rapport de l'énergie utile (c'est-à-dire utilisée pour les besoins réels du service) à l'énergie totale consommée par le système. Il s’agit donc d’assurer l’optimisation de la consommation d'énergie, en réduisant au maximum les pertes.

La notion de « service rendu égal » est importante : améliorer l'efficacité énergétique d'un système, c'est économiser l'énergie sans remettre en question ses performances. À un niveau mondial, c’est réduire la consommation d’énergie sans entrer dans une logique de décroissance. À noter que la notion d’efficacité énergétique peut s’appliquer à une usine comme à l’économie de tout un pays : on parle alors de l’intensité énergétique, c'est-à-dire de la quantité additionnelle d’énergie nécessaire à l’augmentation de la richesse du pays.

1,2 milliard : le nombre d’habitants de la planète qui n'ont pas accès à l'électricité

 

L’« efficacité énergétique » ne doit pas être confondue avec la « sobriété énergétique », même si toutes deux ont pour résultat de réaliser des économies d’énergie. La sobriété énergétique « consiste à interroger nos besoins puis agir à travers les comportements individuels et l’organisation collective sur nos différents usages de l’énergie, pour privilégier les plus utiles, restreindre les plus extravagants et supprimer les plus nuisibles », selon la définition de l’association française négaWatt1. La sobriété énergétique consiste par exemple à réduire d’un ou deux degrés la température à l’intérieur d’une pièce chauffée, l’efficacité énergétique consiste à isoler thermiquement le bâtiment ou installer une chaudière plus efficace, pour atteindre la même température en consommant moins d’énergie.

Les besoins des pays émergents

2,8 milliards d’habitants de la planète doivent encore utiliser du bois pour préparer leurs repas et se chauffer et 1,2 milliard n'ont pas encore accès à l'électricité2. Par ailleurs, la population mondiale s’accroît puisqu’elle doit passer de 7 milliards d’habitants aujourd’hui à 9 milliards (entre 8 et 11 selon les démographes) en 2050. Il y aura besoin d’énergie pour satisfaire les besoins de ces populations.

La demande énergétique mondiale va augmenter d’un tiers entre 2010 et 2035 et 90 % de cette croissance concernera des pays en dehors des pays industrialisés de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), la Chine et l’Inde représentant plus de la moitié de cette hausse3

80 % des pays se sont fixés des objectifs quantitatifs en matière d’efficacité énergétique.

 

L’efficacité énergétique a enregistré des progrès notables dans toutes les régions du monde. Au cours des trois dernières décennies, la plupart des pays ont significativement réduit leur consommation totale d’énergie primaireL’énergie primaire désigne l’ensemble des sources d’énergie non transformées, c’est-à-dire à l’état naturel... par unité de croissance du produit intérieur brut (PIB) par habitant et à parité de pouvoir d’achat. Cette diminution souhaitable de l’ « intensité énergétique » s’explique en grande partie par l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les trois grands secteurs concernés :

Des performances inégales et un ralentissement récent

L’Europe de l’Ouest, le Japon ou Hong Kong sont des régions qui présentent l’intensité énergétique la plus faible. Celle des pays de la CEI (l’ancien bloc soviétique) est près de trois fois supérieure à la moyenne européenne. Celle de la Chine, de l’Afrique et du Moyen-Orient près de deux fois supérieure. L’Amérique du Nord (USA et Canada) a un niveau d’intensité énergétique qui est presque 1,5 fois celui de l’Europe.

L’efficacité énergétique est devenue une priorité mondiale. Elle répond aux intérêts des citoyens qui améliorent leur pouvoir d’achat, des entreprises qui réduisent leurs coûts, et des États qui réduisent leurs factures énergétiques et contribuent à la réduction des émissions de CO2Dioxyde de carbone. Avec la vapeur d'eau, c’est le principal gaz à effet de serre (GES) de l'atmosphère terrestre... nécessaire pour la lutte contre le réchauffement climatiqueLe réchauffement climatique, appelé aussi réchauffement planétaire ou réchauffement global, est un phénomène d'augmentation de la température moyenne des océans....

Résultat : depuis 1990, l’intensité énergétique primaire a diminué au rythme de 1,3 % dans le monde. 80 % des pays étudiés par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME)4 se fixent des objectifs quantitatifs en matière d’efficacité énergétique, contre 40 % en 2006.

Mais ces progrès enregistrent un ralentissement généralisé depuis 2008, notamment en Inde et en Chine, essentiellement en raison de la crise économique mondiale qui a réorienté les efforts vers le maintien de la croissance. De nouvelles méthodes d’incitations publiques, des innovations technologiques et une meilleure coordination internationale sont à trouver.

 

Sources :

(1) négaWatt

(2) Banque mondiale - Global Tracking Framework Report - 

(3) AIE - World Energy Outlook

(4) ADEME - World Energy Council