Dossier : COP21 : l'Accord de Paris

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COP21 : le financement de la transition dans les pays en développement

L’Accord de Paris a réussi à rassembler tous les pays du monde dans une action commune contre le réchauffement climatique, tout en maintenant une différenciation dans les degrés de responsabilités entre pays industrialisés et pays en développement. Il met ainsi en œuvre l’obligation pour les pays développés de mobiliser des financements pour aider les pays plus pauvres, et de les réviser périodiquement à la hausse.

COP 21 : le financement de la transition dans les pays en développement
Associer les pays émergents à l'action pour le climat est un des enjeux du sommet de Paris (ici, une rue populaire de New Delhi, en Inde) © Donyanedomam

Les besoins de développement des pays du Sud

Un enjeu majeur de la COP21 était de surmonter la méfiance historique entre pays développés du Nord et pays en développement du Sud. Ces derniers considèrent qu’ils ne sont pas responsables de l’accumulation de CO2Dioxyde de carbone. Avec la vapeur d'eau, c’est le principal gaz à effet de serre (GES) de l'atmosphère terrestre... dans l’atmosphère au cours des XIXe et XXe siècles et que les mesures envisagées aujourd’hui ne doivent pas être des freins à une croissance dont ils commencent tout juste à tirer les bénéfices. Ils en appellent ainsi à la « justice climatique ».

La croissance de la population (de 7 à près de 10 milliards d’individus en 2050) est particulièrement forte dans ces pays du Sud où les aspirations au progrès se traduisent par une demande d'énergie en forte expansion. Estimée à +37 % d’ici 2035, la demande mondiale en énergie sera tirée pour les deux tiers par ces pays. Ils veulent vivre mieux, avoir accès à une énergie bon marché et réduire les inégalités avec le Nord.

Mais conscients d’être parmi les zones les plus vulnérables au changement climatiqueVoir la définition du réchauffement climatique..., ils ont accepté l’Accord de Paris. Pour y parvenir, le principe de différenciation a été maintenu mais a évolué : les pays développés doivent « continuer de montrer la voie » avec des objectifs de réduction des émissions « en chiffres absolus », tandis que les pays en développement doivent certes « accroître leurs efforts », mais en tenant compte de leurs capacités respectives. Une aide leur sera fournie pour procéder « régulièrement » et dans la transparence au calcul de leurs émissions. 

D’ici 2035, la demande mondiale en énergie sera tirée pour les deux tiers par les pays du Sud.

Un « plancher » de 100 milliards de dollars

L’accord confirme que les pays développés doivent fournir « des ressources financières » pour venir en aide aux pays en développement, avec quelques principes supplémentaires :

  • les grands pays émergents (comme la Chine) sont invités à faire de même, mais seulement « à titre volontaire ». Les pays industrialisés auraient souhaité une formule plus contraignante ;
  • les moyens de financement devraient, selon l’accord, représenter une progression par rapport aux efforts antérieurs. Dans la décision de la COP, ce point est précisé : le montant de 100 milliards de dollars par an qui avait été avancé au sommet de Copenhague est défini comme un « plancher » et un nouvel objectif sera présenté avant 2025 ;
  • les financements proviendront d’un large éventail de sources, publiques et privées, mais l’accord souligne le « rôle notable que jouent les fonds publics », un point important pour les pays les moins avancés à l’écart des grands investissements ;
  • le financement doit chercher un équilibre (mais sans fixer de chiffre contraignant) entre l’adaptation et l’atténuation, notamment en faveur des pays les moins avancés ou les États insulaires. Ce point était lui aussi considéré comme essentiel par ces États les plus vulnérables. L’« atténuation », qui vise à faire baisser les émissions de gaz à effet de serrePhénomène naturel permettant un accroissement de la température de l'atmosphère d'une planète grâce à la présence de certains gaz..., ne les concerne guère puisqu’ils émettent déjà très peu. En revanche, l’« adaptation », qui vise à améliorer la résilience des infrastructures en matière d’alimentation, d’eau, de santé, etc…, est pour eux une nécessité immédiate1 ;
  • la question des « pertes et dommages » ressort de la même préoccupation. Il s’agit en l’occurrence du financement des dégâts des événements météorologiques extrêmes. Mais là, les pays développés n’ont pas accepté d’être considérés comme responsables et d’entrer dans une logique de réparations. Ils n’ont fait que reconnaître la nécessité de les réduire au minimum.

100 milliards de dollars : le montant minimal promis chaque année aux pays du Sud pour affronter le changement climatique, qui sera revalorisé avant 2025. 

Le Fonds vert pour le climat

Pour canaliser ces flux financiers de toutes origines, un « Fonds vert pour le climat »a été mis en place en 2011. Une structure a été installée à Séoul, en Corée du Sud, avec un conseil d’administration partagé entre pays développés et pays en développement.

Deux précautions ont été mises en avant :

  • faire que le « Fonds vert » ne devienne pas une lourde « machine » internationale mais assure des mécanismes décentralisés et associe le privé et la société civile ;
  • ne pas « siphonner » l’aide au développement au profit de la lutte pour le climat, c’est-à-dire éviter la concurrence entre le financement d’une école et celui d’une ferme éolienne.


Sources :