
Le pétrole et le gaz


Les institutions du pétrole et du gaz
Le 09/09/2010L'approvisionnement en hydrocarbures est lié à des enjeux économiques et géopolitiques mondiaux. De même, les problématiques attachées à la consommation de pétrole et de gaz nécessitent une réponse concertée des États, puis l'application de mesures à l'échelle nationale. Pays producteurs et pays consommateurs ont donc fondé des institutions dédiées aux questions énergétiques.
Qu'est-ce que l'OPEP et quel est son rôle ?
La production, le commerce et la distribution des hydrocarbures, de même que les politiques énergétiques et la lutte contre le réchauffement climatique, s'organisent à l'échelle mondiale. C'est pourquoi il existe des organisations internationales spécialisées ou très impliquées dans ces activités et ces politiques.


L'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) compte parmi les plus importantes de ces institutions. Elle a été fondée en 1960 par 5 pays (Irak, Venezuela, Arabie saoudite, Koweït, Iran). En 2010, elle compte 12 pays membres (soit les pays fondateurs plus le Qatar, la Lybie, les Émirats arabes unis, l'Algérie, le Nigeria, l'Équateur et l'Angola) qui détiennent 78 % des réserves prouvées de pétrole du monde1. L'OPEP a pour objectif la défense des intérêts de ses membres, mais ses missions et ses modes d'action ont évolué au fil du temps, en fonction du contexte économique et politique mondial :
• au moment de sa création, cette organisation avait pour objectif principal le rééquilibrage du partage des revenus pétroliers entre les pays producteurs et les compagnies pétrolières, en faveur des premiers ;
• en octobre 1973, pendant la guerre du Kippour qui oppose Israël aux pays arabes, les pays de l'OPEP prennent parti pour les Palestiniens. Ils utilisent alors le pétrole comme moyen de pression en stoppant leurs exportations pétrolières aux alliés d'Israël (dont les États-Unis, le Portugal, l'Afrique du Sud et les Pays-Bas). Sous l'effet de cet embargo, le prix du baril de pétrole est multiplié par 4 en l'espace de 6 mois : c'est le premier choc pétrolier de l'Histoire ;
• à partir de 1973, l'OPEP conserve une importante influence sur la fixation du cours mondial des produits pétroliers. Ainsi, elle impose à ses membres une limitation de la production de pétrole au moyen de quotas, définis en fonction de la conjoncture économique, des besoins et des réserves de chaque pays membre. Ces mesures ont pour but de stabiliser les cours du pétrole, objectif atteint dans les années 1990.

En effet, face à une hausse considérable de la demande en pétrole des pays émergents, les pays de l'OPEP mobilisent au maximum leurs capacités de production. Par conséquent, ils n'ont plus de marge de manœuvre pour augmenter leur offre d'hydrocarbures et ainsi faire baisser les cours du pétrole. C'est dans ce contexte que le prix du baril a atteint le niveau record de 132 $ en juillet 20082, avant de s'effondrer à cause de la crise économique mondiale.
L'Agence internationale de l'énergie et ses missions
Une autre organisation joue un rôle de premier plan dans le domaine des hydrocarbures :
il s'agit de l'AIE (Agence internationale de l'énergie), association de pays consommateurs de pétrole rattachée à l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Cette agence a été créée en 1974 à l'initiative des États-Unis, en réaction à l'embargo pétrolier voulu par l'OPEP en 1973. En 2010, elle compte 28 membres, tous étant des pays industrialisés, grands consommateurs de produits pétroliers.
L'AIE est une organisation intergouvernementale de coordination des politiques énergétiques avec deux objectifs principaux :
• elle travaille à la sécurisation de l'approvisionnement en énergie. Ainsi, les pays membres surveillent les marchés pétroliers et s'engagent à partager avec l'AIE les informations dont ils disposent en matière énergétique. Ces mesures servent notamment à faire face aux situations d'urgence concernant les besoins en pétrole et en gaz ;
• l'AIE œuvre à concilier développement économique et protection de l'environnement. En 2005, elle a publié un rapport dans lequel elle recommande à ses membres de limiter leur consommation de pétrole. Dans ce rapport, elle suggère aussi des pistes pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) : limitation de la vitesse à 90 km/h sur les autoroutes, création de voies de circulation réservées aux déplacements en covoiturage, baisse des tarifs ou gratuité des transports publics, circulation alternée, limitation des déplacements professionnels grâce au travail à domicile. Enfin, l'AIE cherche à élaborer des compromis entre ses pays membres signataires et non signataires du protocole de Kyoto (accord international sur la réduction des émissions de GES, en vigueur depuis 2005).
Outre l'OPEP et l'AIE, d'autres organisations internationales, comme l'OMC (Organisation mondiale du commerce), traitent des sujets liés au pétrole, sans être forcément spécialisées sur ces questions. L'ONU s'y intéresse également dans le cadre :
• de la CCNUCC (Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques) ;
• de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement);
• du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat) ;
• de l'OMI (Organisation maritime internationale).
Les administrations européennes et nationales
Au sein de la Commission européenne, plusieurs administrations traitent les questions liées aux hydrocarbures, rattachées à diverses thématiques (transport, climat, industrie, etc.).
La Direction générale de l'énergie, créée en février 2010, travaille plus précisément à l'élaboration et à l'application des politiques concernant :
• l'approvisionnement en pétrole et en gaz (prix, fonctionnement du marché de l'énergie, indépendance énergétique, disponibilité des ressources, adéquation entre l'offre et la demande) ;
• les usages des hydrocarbures (par des industriels, des particuliers, etc.) ;
• la lutte contre le réchauffement climatique (réduction de la consommation et de la dépendance des économies aux hydrocarbures, développement des énergies renouvelables).
De même, à l'échelle des pays, il existe des administrations plus spécialement chargées des questions liées aux hydrocarbures :
• en France, la Direction générale de l'énergie et du climat surveille l'organisation du marché de l'énergie, encadre l'exploitation des gisements d'hydrocarbures sur son territoire, gère les stocks stratégiques de pétrole et de gaz, noue des partenariats avec les pays producteurs de pétrole ;
• aux États-Unis, le Department of Energy (DOE) assure la sécurité de l'approvisionnement en hydrocarbures du pays, participe à la définition des politiques de lutte contre le réchauffement climatique, soutient la recherche et l'innovation en matière d'énergie.
De plus, des agences nationales, régionales ou locales informent les industriels et les consommateurs sur l'usage optimal des hydrocarbures et sur la réduction de leur impact environnemental, par exemple :
• l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) en France ;
• la DENA (Deutsche Energie-Agentur GmbH) en Allemagne ;
• l'ABEA (Agence bruxelloise de l'énergie) dans l'agglomération bruxelloise.
[1]Source IFP
[2]Source UNCTAD















