
Le pétrole et le gaz


Le transport des hydrocarbures par voie terrestre
Le 08/07/2010Le pétrole peut circuler par bateau. Cependant, pour des raisons économiques, géographiques ou politiques, il est parfois préférable qu'il voyage par voie terrestre.
Il emprunte alors des oléoducs, canalisations spécifiques qui relient les ports, les raffineries et les lieux de consommation. De même, les gazoducs – mode de transport privilégié du gaz naturel – sont des tuyaux qui forment de véritables réseaux.
© Total / Dufour Marco
Des réseaux d'oléoducs bien développés
Les oléoducs (pipelines en anglais) sont de gros tuyaux par lesquels peuvent transiter chaque année plusieurs dizaines de millions de tonnes de pétrole. L'oléoduc le plus long du monde est celui de Druzhba (5 327 km) qui traverse huit pays (Russie, Biélorussie, Ukraine, Pologne, Allemagne, République tchèque, Hongrie)1.
Pour que le brut circule à l'intérieur de ces canalisations, on augmente sa pression tous les 60 à 100 kilomètres, dans des stations de pompage. Ainsi, dans un oléoduc, le pétrole parcourt
2 mètres par seconde ou 7 kilomètres / heure, soit la vitesse de déplacement moyenne d'un éléphant !
En général, l'industrie pétrolière privilégie le transport du pétrole par voie maritime parce qu'il est très souple : au contraire d'un oléoduc, un bateau ne suit pas toujours le même trajet et s'adapte à la demande. Néanmoins, il arrive que le pétrole doive obligatoirement traverser des terres, par exemple s'il circule vers un pays n'ayant pas d'ouverture sur la mer. Dans ce cas, il peut se révéler plus simple qu'il emprunte des oléoducs, mode d'acheminement qui reste moins onéreux que le transport routier ou ferroviaire :
• dans les pays très étendus comme la Russie, ils sont utiles pour amener le pétrole vers les ports en vue de son exportation par bateau ;
• en Europe de l'Ouest, il existe des réseaux d'oléoducs qui, depuis les ports, transportent le brut vers les raffineries situées à l'intérieur des terres. On les utilise aussi pour envoyer vers les grands centres de consommation les produits finis sortant des raffineries (carburants, combustibles, matières premières pour la pétrochimie).
Qu'il s'agisse du transport maritime ou par oléoduc, la sécurité des opérations est un facteur essentiel. Si un tuyau est percé ou rompu à cause d'un accident ou d'un sabotage, une fuite éventuelle peut être détectée rapidement, parce qu'une brutale chute de pression est alors enregistrée dans le tuyau. Lorsque l'origine de la fuite est localisée, on arrête dès que possible le flux de pétrole dans les stations de pompage et la pollution est limitée.
En revanche, les fuites dues à la corrosion des tuyaux peuvent prendre des proportions importantes. En effet, le pétrole contient des gaz acides comme le CO2 ou l'hydrogène sulfuré qui, à terme, attaquent les parois métalliques des oléoducs. Pour prévenir de tels accidents, il faut donc inspecter les installations et remplacer ces tuyaux régulièrement, afin d'éviter qu'ils ne se trouent. Dans certaines régions au climat contraignant, comme la Sibérie, les oléoducs sont très vite abîmés par la corrosion. Comme ils sont difficiles d'accès, il arrive qu'on ne les change pas toujours au bon moment, d'où des fuites.
Enfin, la construction de nouveaux oléoducs fait l'objet d'intenses négociations. En effet, elle dépend des enjeux géopolitiques et économiques qui pèsent sur les régions traversées par les réseaux. Par exemple, jusqu'au milieu des années 2000, la Russie contrôlait 80 % des oléoducs transportant le pétrole de la mer Caspienne2, dont les réserves sont estimées entre 17 et 33 milliards de barils3. En mai 2005, l'inauguration de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC), reliant la Caspienne à la Méditerranée, a mis fin à ce quasi-monopole : désormais, les États de la région vendent directement aux pays européens plus d'un million de barils par jour. Ce pétrole transite par le BTC, qui est aussi le deuxième oléoduc du monde avec ses 1 774 kilomètres de long4. Le nouvel oléoduc contribue ainsi à réduire la dépendance énergétique de l'Europe par rapport aux pays de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
Les gazoducs, mode de transport privilégié du gaz naturel
Comme leur nom l'indique, les gazoducs sont des canalisations similaires aux oléoducs, à ceci près qu'ils servent au transport du gaz naturel. Il existe deux types de gazoducs :
• certains sont sous-marins, comme ceux qui relient les gisements norvégiens aux terminaux européens ou l'Afrique du Nord à la Sicile ;
• d'autres sont terrestres, comme ceux qui composent le réseau russe (le plus long du monde avec près de 160 000 kilomètres de long5). Pour des raisons de sécurité, ces réseaux sont enterrés dans le sol.
À l'intérieur des gazoducs, le gaz circule à grande vitesse, car on augmente sa pression grâce à des stations de compression situées sur le réseau à intervalles réguliers.
Contrairement à ce qui se pratique pour le pétrole, l'acheminement du gaz naturel se fait majoritairement par des réseaux de tuyaux. En effet, le gaz naturel étant par définition à l'état gazeux, il occupe à quantité d'énergie égale un volume 600 fois plus important que le pétrole, qui est un liquide. De ce fait, transporter par bateau du gaz naturel tel quel revient extrêmement cher.
On refroidit alors le gaz naturel à -160 °C. En effet, à cette température, le gaz se liquéfie et occupe 600 fois moins de place, ce qui le rend beaucoup moins coûteux à transporter. Il est ensuite chargé sur des méthaniers, bateaux spécifiques qui le maintiennent à basse température.
Arrivé à destination, le gaz naturel liquéfié (GNL) est réchauffé dans une usine où il retrouve son état gazeux, avant d'être injecté dans le réseau de distribution.
[1]Source Pipelines International, septembre 2009
[2]Source La Documentation française
[3]Source Euractiv
[4]Source Challenges, août 2008
[5]Source Gazprom















