
Le pétrole et le gaz


Le stockage des hydrocarbures
Le 08/07/2010Les pays industrialisés accumulent des réserves de pétrole et de gaz pour des raisons stratégiques. Ils ont ainsi des ressources énergétiques en cas de bouleversement politique qui menacerait leur approvisionnement. Le stockage des hydrocarbures permet aussi d'ajuster l'offre à la demande fluctuante des consommateurs, en temps réel, ou encore de conserver le pétrole brut en attendant son raffinage.
© Total / Dufour Marco
Pourquoi fait-on des réserves de pétrole ?
Depuis le XXe siècle, le pétrole est une ressource hautement stratégique pour les pays industrialisés : cette source d'énergie leur a permis de se développer et elle est devenue indispensable au fonctionnement de leurs économies.
C'est pourquoi ils veillent à constituer des stocks de pétrole brut et de produits pétroliers finis. Ces réserves doivent leur assurer une certaine autonomie, dans le cas, par exemple, où leurs importations de pétrole cesseraient brusquement pour des raisons politiques.
Ainsi, en 1968, la Commission européenne impose à ses membres le stockage de quantités de pétrole correspondant à 65 jours de leurs importations pétrolières. En 1972, dans un contexte de crise pétrolière, ce seuil passe à 90 jours. En outre, à compter de 2012, tous les pays membres de l'UE devront publier chaque mois un rapport sur l'état de leurs stocks1. En France, des stocks régionaux sont constitués afin d'assurer une disponibilité de 10 jours de super, de 15 jours de fioul et de 15 jours de gazole.
Suivant les pays, les centres de stockage de produits pétroliers sont gérés par des organismes d'État, des sociétés privées ou les deux à la fois. En France, il existe plus de 50 de ces centres. Les produits pétroliers y sont stockés dans des cuves de taille variable, parfois enterrées. Au Royaume-Uni, on dénombre environ 80 centres de stockage, gérés en majorité par le GPSS (Governement Pipelines and Storage System)2.
Les gestionnaires des centres de stockage veillent au respect de certaines conditions de sécurité. Il s'agit de prévenir essentiellement deux types de risques :
• les incendies ;
• la pollution des sols et des nappes phréatiques due à d'éventuelles fuites. Pour éviter ces pollutions, on vérifie régulièrement l'état des cuves et leur degré de corrosion,
c'est-à-dire leur niveau d'usure. En effet, au fil du temps, elles peuvent être attaquées et trouées par les gaz acides contenus dans le pétrole (CO2, hydrogène sulfuré).
Où stocke-t-on le gaz naturel ?
La consommation de gaz naturel varie avec les saisons, en fonction notamment des besoins en chauffage. Par exemple, les Français consomment 8 fois plus de gaz naturel en hiver qu'en été. Pour pouvoir ajuster l'offre à la demande en temps réel, il est donc nécessaire de stocker le gaz naturel.
Cependant, cette source d'énergie, par définition à l'état gazeux, occupe un volume considérable. Il existe ainsi deux moyens de stockage qui prennent en compte cette particularité :
• on accumule le gaz dans des cuves géantes, sous forme liquéfiée. En effet, lorsqu'on le réfrigère à -160 °C, le gaz se transforme en liquide. Ce gaz naturel liquéfié (GNL) occupe
600 fois moins de place que le gaz naturel brut ;
• on peut aussi stocker le gaz dans un réservoir naturel souterrain, un peu comme si l'on créait un gisement artificiel. Pour ce faire, il faut disposer d'un réservoir bien fermé de plusieurs milliards de mètres cubes, situé au maximum à 500 mètres de profondeur, afin que l'injection du gaz ne nécessite pas trop d'énergie. Les sites géologiques présentant de telles caractéristiques restent rares. Toutefois, en 2009, on dénombre dans le monde pas moins de 638 sites souterrains renfermant 328,9 milliards de mètres cubes de gaz, ce qui équivaut à 10,7 % de la consommation mondiale annuelle3. Ces réservoirs se trouvent, en malorité, aux États-Unis (395 sites) et l'Europe en regroupe 129, dont 47 en Allemagne, 15 en France et 10 en Italie.
[1]Source Euractiv (juin 2009)
[2]Source Cedigaz / Les Échos (novembre 2009)















