
L'avenir des énergies actuelles


L’avenir de la biomasse
Le 14/10/2010
La biomasse énergie est promise à un développement de plus en plus important. Parallèlement, la recherche scientifique et industrielle met au point de nouveaux usages des matières organiques, tout en tenant compte de certaines contraintes environnementales.
L’essor annoncé de la biomasse énergie
Le terme de biomasse désigne l’ensemble des matières organiques que l’on peut employer comme source d’énergie, à savoir :
• le bois et les plantes issus de l’agriculture et de la sylviculture ;
• les déchets agricoles ;
• les déchets issus de certaines activités industrielles (scieries, papeteries) ;
• les déchets ménagers organiques (épluchures par exemple) ;
• les algues et les microalgues.

en plein développement.

Cette matière première énergétique trouve des usages en plein développement :
• la biomasse est utilisée comme combustible dans des chaufferies à bois qui alimentent les radiateurs de bâtiments collectifs (campus universitaires, centres hospitaliers) ou fournissent de la chaleur à des unités industrielles (usines). En France par exemple, ce type d’équipement se multiplie : depuis 2009, 500 nouvelles chaufferies sont mises en service chaque année.1 Les acteurs de l’industrie souhaitent améliorer leurs performances environnementales en élaborant des filtres à fumées plus efficaces, qui limiteront au maximum les rejets polluants des chaufferies. De même, les unités de cogénération d’électricité et de chaleur fonctionnant grâce à la biomasse sont amenées à se multiplier dans les pays européens ;
• la biomasse sert également à produire des biocarburants utilisés dans les véhicules particuliers et les transports en commun. Très active dans ce domaine, la recherche scientifique et industrielle expérimente des procédés qui valorisent mieux la biomasse pour la fabrication de ces carburants. Il s’agit notamment d’employer comme matière première les tiges des plantes, aujourd’hui inutilisables. En outre, les chercheurs explorent la possibilité d’utiliser
des micro-organismes pour faciliter la production des biocarburants. En effet, certains
d'entre eux transforment la cellulose des plantes pour la changer en sucres, directement transformables en bioéthanol ou autres molécules hydrocarbonées, utilisables comme
carburants. Ainsi, la société Amyris, partenaire du groupe Total, a mis au point des technologies qui améliorent la façon dont les micro-organismes transforment le sucre ;
• à partir de déchets organiques, on produit du biogaz par méthanisation. La biomasse utilisée jusqu’à présent dans ce cadre provient surtout des ordures ménagères. Les techniques mises au point actuellement permettront, dans les années à venir, de valoriser toute matière organique (boues d’assainissement, résidus agricoles, effluents industriels issus des secteurs de la papeterie ou de l’agroalimentaire). Dans certains pays européens (France, Allemagne, Danemark), les pouvoirs publics soutiennent l’installation d’unités de méthanisation dans les exploitations agricoles. Ces unités devraient donc se multiplier dans les années à venir.

Il n’est donc pas appelé à se développer.
Toutefois, les pouvoirs publics et les acteurs de la filière travaillent à minimiser ces émissions. En Europe, des appareils plus économes en combustible et du bois-énergie plus qualitatif sont mis sur le marché. Les particuliers sont aussi incités à remplacer leurs cheminées ouvertes par des foyers fermés et à mieux entretenir leurs équipements. Ces évolutions contribuent à l’essor du chauffage individuel au bois : en 2009, une maison française sur trois comporte déjà une installation de chauffage au bois.2
Les défis de la recherche :
des débouchés innovants, des obstacles à franchir
Si les usages traditionnels de la biomasse se développent, de nouvelles utilisations de la matière organique sont également testées dans le domaine dit de la chimie verte. Les recherches actuellement menées donnent des résultats très prometteurs pour divers produits :
• bioplastiques issus notamment de l’amidon qui ont pour principale caractéristique d’être biodégradables ;
• produits chimiques verts (détergents par exemple) ;
• fibres végétales utilisées dans la fabrication de matériaux isolants ;
• fibres végétales remplaçant le plastique classique dans la fabrication de tableaux de bord ou d’autres éléments automobiles ;
• textiles cellulosiques (c’est-à-dire à base de bois).
Toutefois, l’utilisation de la biomasse suppose une importante logistique qui génère d’importantes émissions de CO2 (collecte, transport, stockage, pré-traitement et conservation des matières premières). La plupart des technologies actuelles mettant en jeu la biomasse ne permettent pas de réduire ces émissions de CO2 à un niveau satisfaisant. Les technologies de l’avenir devront donc améliorer au maximum le bilan carbone de la biomasse afin d’en faire une énergie plus respectueuse de l’environnement.
[1]Source ADEME, février 2009.
[2]Source ADEME, février 2009.















