
L'avenir des énergies actuelles


Les biocarburants, une solution pour les transports de demain
Le 14/10/2010
Pour les transports, les biocarburants sont l’une des énergies les plus prometteuses
à court terme. De nombreux véhicules peuvent même déjà les utiliser, comme
au Brésil où la moitié du parc roule à l’éthanol. Pour autant, leur développement pose
de nombreuses contraintes.
Biocarburants versus cultures alimentaires
Les biocarburants désignent l'ensemble des carburants produits à partir
de la biomasse (ensemble
des matières organiques valorisables en énergie). On distingue aujourd'hui deux grandes familles :
• le biodiesel, obtenu à partir d’huile de colza, de soja ou de palme,
• le bioéthanol, obtenu par fermentation des sucres contenus dans la betterave, la canne à sucre ou les céréales (blé, maïs).
Un peu partout dans le monde, on incorpore des biocarburants dans les essences
et les gazoles commercialisés à la pompe. Leur développement répond à plusieurs enjeux : renforcer l’indépendance énergétique en limitant les importations de produits pétroliers, contribuer à la réduction des gaz à effet de serre dans le transport (entre 40 % et 60 % des GES évités) et offrir de nouveaux débouchés à l’agriculture.

à un prix pratiquement compétitif avec celui
de l’essence.

Ainsi, la demande s’accroît chaque année. Or, les biocarburants d’aujourd’hui sont issus de quelques productions végétales agricoles, dont la ressource est limitée. Par ailleurs, ils proviennent de la partie comestible de la plante. Il faut donc éviter leur entrée en compétition avec la filière alimentaire.
Pour être viable, en particulier face aux énergies fossiles, la filière biocarburant demande en effet d’importantes terres cultivables. À ce jour, seul le Brésil, disposant encore d’une large réserve de terres agricoles, produit de l’éthanol à un prix pratiquement compétitif avec celui de l’essence.
C’est pourquoi les scientifiques expérimentent de nouvelles pistes pour élaborer
des biocarburants dits "de deuxième génération", utilisant notamment des ressources
plus diversifiées.


© Alain Julien
Les biocarburants
de demain
Pour compléter l’offre actuelle,
de gros efforts de recherche
et de développement sont déployés afin de mettre au point les biocarburants
de demain.

des cultures énergétiques qui peuvent concurrencer
les cultures alimentaires sur les terres agricoles.
Avec les nouveaux biocarburants, ce ne sera plus forcément le cas.
les 10 à 20 prochaines années, seront obtenus par des traitements différents
de la biomasse, sur la base de ressources plus diversifiées : parties
non alimentaires des plantes, graisses animales, paille, bois, déchets
agro-alimentaires, etc. On pourra ainsi obtenir de l’éthanol à partir de la cellulose présente principalement dans les tiges des plantes qui, aujourd’hui, sont généralement vouées à la destruction.
Ces biohydrocarbures de synthèse, issus de la biomasse, présenteront de plus l’avantage
de pouvoir être incorporés dans de plus fortes proportions, sans risques pour le moteur
et sans modification des véhicules.
Par ailleurs, plusieurs expérimentations explorent la possibilité d’employer des
micro-organismes dans la production de biocarburants. En effet, certains d'entre eux facilitent la méthode de fabrication biochimique des biocarburants de deuxième génération :
ils biodégradent la cellulose des plantes pour la transformer en sucres, directement transformables en bioéthanol ou en autres molécules hydrocarbonées utilisables comme carburants. Par exemple, la société Amyris, partenaire du groupe pétrolier Total, a mis au point des technologies de pointe qui lui permettent de modifier la façon dont les micro-organismes transforment le sucre.
Pour autant, la ressource limitée en matières premières reste un obstacle majeur à une place prépondérante des biocarburants dans le paysage énergétique de demain. Les futurs biocarburants se heurtent à un problème évident de disponibilité en terres cultivables, face
à la concurrence du marché de l’alimentaire, ou de certaines filières industrielles
(bois d’œuvre, papier…).
Ils ne remplaceront ainsi jamais complètement les produits pétroliers. Ils devraient néanmoins constituer une alternative non négligeable : le projet de directive européenne sur l’énergie renouvelable de 2007 a, en effet, fixé à 10 % l’objectif d’incorporation d’énergie renouvelable dans le secteur du transport en 2020.












