
L'avenir des énergies actuelles


Le nucléaire au secours du réchauffement climatique ?
Le 14/10/2010
Pour certains, l’avenir de l’énergie passe nécessairement par le nucléaire. Pour d’autres, il représente un grave danger. Dans les faits, la filière, après des vagues de désengagement, regagne un certain succès, favorisé par la recherche et l’innovation.
Des atouts environnementaux mais des risques à maîtriser
L'énergie nucléaire fournit aujourd'hui 16 % de la production mondiale d'électricité.1 Au 1er janvier 2010, 437 réacteurs nucléaires de puissance étaient en fonctionnement, pour une capacité totale de 370 GWe. 55 réacteurs étaient en construction, un nombre inégalé depuis 1992.2
Le nucléaire connaît ainsi une forte croissance, portée notamment par ses atouts environnementaux. Il permet en effet de produire des quantités très importantes d’énergie sans rejets atmosphériques et très peu d’émissions de gaz à effet de serre. L'énergie nucléaire paraît donc susceptible de combler une bonne part du déficit énergétique attendu à l’horizon 2050, en raison notamment de la stabilisation de la production des ressources fossiles.
Parallèlement, il est à noter que la production d’électricité nucléaire est responsable en grande majorité de l’accroissement de la masse de déchets radioactifs. Et plus particulièrement,
du combustible usé des centrales nucléaires (qui rassemble près de 95 % de la radioactivité des déchets nucléaires), dont le stock mondial est estimé à plus de 250 000 tonnes. Pour pallier ce problème, un retraitement permet, en récupérant la matière encore énergétique, de diviser par trois le volume de déchets à stocker, dits "déchets ultimes".

de diviser par trois le volume de déchets

Enfin, si le risque nucléaire existe, tout est mis en œuvre partout dans le monde pour le réduire au maximum, au travers notamment d’une coopération forte entre les États utilisateurs.

le changement climatique nourri par les gaz à effet de serre (le nucléaire
ne rejette quasiment pas de dioxyde de carbone) et la sortie du pétrole…"
Bruno Comby, président de l'Association des écologistes pour le nucléaire (AEPN)
Faux. "La liste des dangers du nucléaire est aussi longue que terrifiante. L'industrie nucléaire produit des déchets dont elle ne sait pas quoi faire.
Elle rejette des substances hautement radioactives dans les eaux et les airs. Elle fournit de l'électricité grâce à un réseau de lignes à très haute tension aux conséquences sanitaires inquiétantes…"
La recherche en pleine action
Les recherches menées sont orientées vers des réacteurs encore plus sûrs, capables de brûler leurs propres déchets. Mais en attendant ces réacteurs de quatrième génération (opérationnels à l’échelle industrielle au mieux en 2035-2040), des projets de réacteurs de transition,
dits de troisième génération, visent à améliorer la sûreté et la rentabilité, sans rupture technologique. Les risques de fusion du cœur du réacteur (qui contient l’uranium enrichi)
et le niveau d’activité des rejets seraient ainsi divisés par 10, et le niveau d’exposition
du personnel, par 2.
La question des déchets pourrait trouver une solution dans des projets comme le réacteur
de recherche Myrrha (Multi-Purpose Hybrid Research Reactor for High-Tech Applications), conçu par le Centre d’étude de l’énergie nucléaire (SCK-CEN) de Mol, en Belgique. Ce projet vise à réduire, via la fission nucléaire, la durée de vie des déchets à seulement quelques décennies, voire à les transmuter en atomes stables inoffensifs.
Le nucléaire pourrait également voir son avenir dans la fusion nucléaire
(ou thermonucléaire) plutôt que dans la fission (la technique actuellement utilisée dans les centrales). Son principe est identique aux réactions observées dans le soleil : l’assemblage de noyaux atomiques pour former un noyau lourd. Non seulement cette technique est capable de dégager d’énormes, voire d’infinies, quantités d’énergie (3 à 4 fois plus que la fission, à masse de combustible égale), mais les produits issus de la fusion ne sont pas radioactifs. Néanmoins,
les recherches visant à parfaitement maîtriser la réaction produite n’ont pas encore abouti et
ne devraient déboucher qu’à un horizon supérieur à 40-50 ans.
Parmi les projets à l’étude, ITER, le réacteur expérimental thermonucléaire international (International Thermonuclear Experimental Reactor), basé à Cadarache en France, conduira des expérimentations pendant les trente prochaines années.
[1]Source CEA
[2]Source AIEA











