L'avenir des énergies actuelles

La place du charbon dans le bouquet énergétique de demain

Le 23/08/2010



La demande énergétique mondiale augmente constamment, tandis que montent les prix du pétrole et du gaz. Dans ce contexte, le bon vieux charbon conserve tout son attrait : ses réserves sont importantes et son coût d’exploitation pour la production d’électricité reste avantageux. Il a pourtant d'importants défis environnementaux à relever.


Des réserves encore abondantes


À l'échelle mondiale, le charbon représentait, en 2007, un peu plus du quart de l'énergie utilisée. Selon l'AIE (Agence internationale de l'énergie), cette part pourrait bondir à près
de 35 % au cours des 25-30 prochaines années, et notamment pour la production d'électricité. D’ici à 2030, et selon ces mêmes estimations, la part du charbon dans la production
de l'électricité mondiale passerait à 44 %.

Il reste 909 milliards de tonnes de réserves
de charbon, soit 164 ans d'exploitation.

Ce scénario n’impactera pas trop l’épuisement des réserves : 20 pays, parmi lesquels
les États-Unis, la Russie, la Chine ou encore l'Inde, disposent aujourd’hui de réserves connues supérieures à un milliard de tonnes. Au total, on estime à environ 909 milliards de tonnes
le volume mondial de charbon restant.
Soit une réserve de 164 ans. En 2030, compte tenu des rythmes d’exploitation actuels, 22 % seulement de ces réserves auront été utilisés.1


Un lourd handicap environnemental


Si, sur un plan économique, le charbon semble donc tenir toutes ses promesses, son bilan écologique lui est particulièrement défavorable. À titre d'exemple, une grande centrale à charbon d’une puissance de 1 000 mégawatts peut fournir 1,6 million de foyers en électricité. En contrepartie, elle rejette environ 6 millions de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions de 2 millions de voitures2 !  

Certains effets de pollution liés au charbon peuvent être résolus en traitant les fumées
de combustion. Mais, favorisant l'effet de serre, les émissions de dioxyde de carbone lors
de sa combustion restent un véritable problème. L’AIE prévoit, entre 2007 et 2035, une hausse de 43 % des émissions mondiales de gaz carbonique, dont une très large part imputable au charbon, du fait d’une hausse prévisible de près de 50 % de sa consommation mondiale.

Si les pays signataires du protocole de Kyoto veillent, depuis 1995, à réduire leur consommation de charbon, certains pays, tels que la Chine par exemple, y ont encore largement recours pour nourrir leurs besoins de croissance.

Vrai ou Faux ?
Le charbon est une énergie du passé.
Faux. Plus de la moitié de l’électricité aux États-Unis et en Allemagne provient du charbon. Au Royaume-Uni, où la part du charbon a pourtant diminué, il représente toujours 35 % de la production d’électricité. En Pologne, ce chiffre est de 93 %, alors qu’il n’est que de 29 % au Japon, traduisant une plus grande utilisation de l’énergie nucléaire et du pétrole. En France, où toutes les mines ont été fermées les unes après les autres entre la fin des années 1960 et le début des années 2000, il ne représente plus que 5 % de la demande d’énergie.


La combustion du charbon peut-elle devenir propre ?


Jusque-là, "mauvais élève" de l'écologie, le charbon devra, s'il veut rester compétitif, se racheter une conduite. Les politiques environnementales devront donc mettre en place des solutions pour :

   •    encourager les économies d’énergie (incitations fiscales, système de permis
d’émission…) ;

   •    développer des technologies appropriées pour produire un charbon plus propre.

Des pistes technologiques se développent rapidement, notamment aux États-Unis,
où des programmes de recherche portent sur :

   •    la gazéification du charbon pour produire de l’hydrogène destiné
aux piles à combustible ;

   •    la capture et le stockage du CO2 émis lors de la combustion du charbon.

Parmi les technologies de pointe en matière de charbon propre, se distingue la technique du cycle combiné à gazéification intégrée (IGCC). En transformant le charbon en gaz ou en liquide, elle permet une combustion plus efficace (+ 50 %) ou une utilisation en combustible pour des moteurs adaptés, à l'image du GPL (gaz de pétrole liquéfié).

Parmi les techniques innovantes de dépollution de la combustion du charbon (traitement
des fumées émises), certaines sont adaptables aux centrales à charbon déjà existantes.
Des recherches sont par ailleurs menées pour dépolluer le charbon avant sa combustion.

L’avenir du charbon dépend donc autant de l’innovation que de décisions politiques,
mais il restera sans doute une source d’énergie majeure, au moins pendant toute la première moitié du XXIe siècle.
 


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