Les nouveaux usages

Rouler au vert : essor et atouts des biocarburants

Le 06/08/2010


Depuis le début du XXe siècle, la demande mondiale en énergie ne cesse d’augmenter, notamment dans le domaine des transports. Parallèlement, la nécessité de préserver l’environnement et celle de trouver des carburants en complément au pétrole constituent des préoccupations majeures. Énergie renouvelable fabriquée à partir de la biomasse, les biocarburants sont une réponse à ces nouvelles problématiques.

Un contexte favorable à l’utilisation de nouveaux carburants

En 1973 et 1979, deux chocs pétroliers incitent les États à repenser leur politique de sécurité énergétique : ils souhaitent pouvoir s’approvisionner en énergie, quelle que soit la situation géopolitique mondiale. Dès 1975, le Brésil lance le programme Proalcool et expérimente l’usage de biocarburants. Produits à partir de canne à sucre, ils offrent par ailleurs un nouveau débouché pour les agriculteurs.

Depuis la fin des années 90, la réduction des émissions de gaz à effet de serre devient une nécessité pour lutter contre le réchauffement climatique. Les biocarburants, parce qu’ils présentent un meilleur bilan CO2 que les carburants fossiles, apparaissent dans ce contexte comme un moyen de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.


Biocarburants : une réponse possible aux défis énergétiques et environnementaux

Les biocarburants offrent la possibilité de diversifier les sources d’énergie dans le domaine des transports :

   •    contrairement au pétrole, ils constituent une source d’énergie renouvelable ;

   •    leur atout environnemental principal, c’est leur impact possible sur les émissions globales de CO2 ; quand on additionne les émissions de CO2, de la production des biocarburants jusqu’à leur utilisation, ils présentent souvent un bilan plus favorable que les carburants fossiles. Ceci s’explique principalement par le fait que les biocarburants sont fabriqués à partir de plantes qui ont absorbé du CO2 pendant leur croissance.

Vrai ou Faux ?
"Du puits à la roue", la filière des biocarburants dégage autant de gaz à effet de serre (GES) et consomme autant d’énergie que la filière pétrolière.
Faux. le bilan écologique des biocarburants doit prendre en compte
de nombreux paramètres (conditions de culture des matières premières, procédés de fabrication, usage des coproduits issus de la production
des biocarburants, etc.).

Avec de bonnes pratiques agricoles, on estime que les biocarburants produits et employés en France feraient gagner 35 à 60 % des émissions de GES et économiser des proportions comparables d’énergie non renouvelable. Ces chiffres correspondent aux gains réalisés par rapport à l’extraction et à l’usage de pétrole en quantités équivalentes.1

Si des cultures énergétiques causaient la disparition de prairies ou de forêts, le bilan serait négatif  pour les biocarburants produits à partir de ces cultures.

Étant donné les qualités environnementales des biocarburants, la Commission européenne soutient leur développement et fixe des objectifs ambitieux : en 2020, dans les pays de l’UE, la part des énergies renouvelables dans le secteur du transport devra atteindre 10 %.

En France, l’objectif d’incorporation de biocarburants fixé pour 2010 est déjà de 7 % (en contenu énergétique).

Vrai ou Faux ?
Les cultures énergétiques concurrencent les cultures vivrières sur les terres agricoles. De ce fait, les matières premières alimentaires sont moins abondantes
sur le marché et le prix des denrées de base augmente.
Vrai et faux. La polémique sur le rôle des biocarburants dans l’augmentation des prix alimentaires est apparue en 2008, année où les cours de toutes les matières premières agricoles et non agricoles ont flambé. Cette hausse des prix agricoles a été causée par de faibles récoltes dans certains gros pays exportateurs de céréales et par la faiblesse des stocks. Les biocarburants
ont pu contribuer au mouvement de hausse des prix, en favorisant
des positions spéculatives.


Quels sont les avantages des biocarburants au quotidien ?


Outre leur impact réduit sur l’environnement et leur disponibilité, les biocarburants possèdent d’autres qualités techniques et économiques. Par exemple, ils créent des débouchés complémentaires pour le monde agricole. Par ailleurs, la culture de plantes énergétiques génère des coproduits employés dans l’industrie chimique (glycérines) et pour l’alimentation animale. Ainsi, la production d’un litre de biodiesel donne 1,5 kilo de tourteau de colza qui nourrira volailles, porcs ou bovins.2

Vrai ou Faux ?
Pour pouvoir utiliser des biocarburants, il faut posséder un véhicule spécifique.
Vrai et faux. Les véhicules et moteurs classiques fonctionnent très bien avec des carburants contenant des biocarburants en proportion limitée. De ce fait, depuis le début des années 1990, les carburants verts sont incorporés dans les essences et gazoles vendus en stations-service, sans qu'il soit nécessaire de le mentionner à la pompe.

Depuis 2010, les conducteurs français roulent avec des carburants contenant jusqu’à 7 % de biocarburants (en contenu énergétique)3, parfois sans le savoir !

Cependant, pour rouler avec des essences ou des gazoles contenant des biocarburants en forte quantité, des adaptations spécifiques du moteur sont nécessaires. C’est par exemple le cas des véhicules "Flex-Fuel", spécialement conçus pour rouler à l’essence ou à des mélanges pouvant contenir jusqu’à 85 % d’éthanol.


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