Les nouveaux usages

Développement des biocarburants :
des obstacles à franchir, des solutions adaptées

Le 06/08/2010


L’essor des biocarburants est encouragé par l’Union européenne. Des objectifs ambitieux ont été fixés en termes de taux d’incorporation dans les carburants routiers, avec des exigences sur le caractère durable de leur production. Dans un contexte de demande croissante, les chercheurs travaillent à la mise au point de nouvelles filières de production, qui devront répondre à des défis techniques, économiques et écologiques.


Des objectifs ambitieux fixés par l’Union européenne


La directive européenne du 23 avril 20091 impose aux États membres de l’UE des objectifs stricts : en 2020, chacun d'eux devra atteindre 10 % d’énergies renouvelables dans
sa consommation d’énergie dédiée aux transports. Pour relever ce défi, la France et ses voisins s’appuient largement sur les biocarburants.

Cette directive précise que les biocarburants produits ou vendus en Europe doivent répondre à des critères de durabilité, et notamment :

   •    ne pas avoir été produits sur des terres ayant une grande valeur en termes de biodiversité (zones de protection ou de reproduction d’espèces) ;

   •    avoir été produits dans un souci de protection des sols, de l’air, de l’eau et des forêts ;

   •    permettre une réduction des émissions de CO2 d’au moins 35 % d’ici 2013, puis
de 50 % en 2017 pour les installations existantes et, enfin, de 60 % en 2018 pour les nouvelles unités de production.



Comment couvrir les besoins en biocarburant tout en préservant l’environnement ?


Pour atteindre les objectifs européens, les pays de l'UE travaillent à l’amélioration des procédés
de fabrication des biocarburants proposés sur le marché. Ils veillent notamment à réduire
les émissions de gaz à effet de serre
sur toute la chaîne de production.

Mais les terres disponibles en Europe pour les cultures énergétiques sont limitées. C’est pourquoi, parallèlement, les pays européens mènent des travaux pour mettre au point des biocarburants dits "de deuxième génération", qui viendront compléter l’offre existante de bioéthanols et de biodiesels. Ces nouveaux biocarburants seront élaborés à partir de ressources plus diversifiées (paille, bois, déchets agro-alimentaires…) et de nouveaux traitements de la biomasse :

   •    hydrotraitement d’huiles, permettant d’obtenir un bio-gazole de synthèse d’excellente qualité ;

   •    gazéification de la biomasse (plantes, bois…), puis synthèse de bio-hydrocarbures (procédé Fisher Tropsch) ;

   •    production de bio-brut ou bio-huile par pyrolyse d’herbe ou de déchets végétaux (traitement thermique en l’absence d’oxygène) et raffinage en carburants et produits
énergétiques ;

   •    conversion biologique de la biomasse (paille, bois) en éthanol de cellulose ou autres vecteurs énergétiques ; 

   •    production d’huile ou de biocarburants à partir de cultures de micro-organismes ;

   •    conversion catalytique de la biomasse.


Ces biocarburants de "nouvelle génération" devraient voir le jour dans les toutes prochaines années, pour certains à l’horizon 2020 ou au-delà pour d’autres. Leur mise au point nécessite toutefois des efforts de R&D et leurs coûts de production sont encore très élevés
dans l’état actuel des développements. 



Comment réduire les coûts de production des biocarburants ?


En Europe, la production de biocarburants revient plus cher que celle de carburants d’origine fossile, en raison du coût de revient des matières premières nécessaires à leur élaboration. De fait, les biocarburants auront un prix de revient compétitif lorsque leurs matières premières et leur fabrication seront durablement moins onéreuses que celles de l’essence ou du gazole.

Vrai ou Faux ?
Le développement des biocarburants est soutenu
par des dispositifs fiscaux
Vrai. En Europe, le prix de revient des biocarburants est plus élevé
que les carburants d’origine pétrolière. Pour améliorer leur compétitivité
et favoriser le développement des biocarburants, les États membres
appliquent donc des systèmes de soutien fiscal variables suivant les pays.

En France, par exemple, le dispositif fiscal de soutien est actuellement composé de deux instruments :

   •    des agréments d’unités de production donnant droit à une défiscalisation partielle des biocarburants,

   •    une pénalité (TGAP : Taxe générale pour les activités polluantes)
à acquitter en cas de non respect des objectifs d’incorporation.


Pour réduire les coûts de production des biocarburants et accroître la ressource en matières premières, les équipes scientifiques explorent d'autres filières de production. C'est le cas,
par exemple, de la valorisation des déchets : huiles de friture usagées, graisses animales, résidus agricoles et forestiers…

Les études menées sur les biocarburants de demain visent à adapter ces nouvelles filières
aux besoins industriels
: pour être compétitives économiquement, ces techniques doivent pouvoir s’appliquer à grande échelle.

Vrai ou Faux ?
Les biocarburants peuvent  remplacer intégralement
les carburants fossiles
Faux. Aujourd’hui, même si on dédiait la totalité des terres agricoles françaises aux cultures énergétiques, on n'arriverait pas à couvrir l’intégralité des besoins en carburant du pays. La disponibilité de la ressource limitera donc la place des biocarburants dans le paysage énergétique de demain.

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