Réponses et solutions

D'autres solutions face au réchauffement climatique

Le 30/08/2010



Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique, l'efficacité énergétique et le captage-stockage du CO2 ne sont pas les seules solutions possibles. La mise en place de marchés du carbone dans le cadre du protocole de Kyoto, tout comme la création de puits de carbone naturels et l'innovation industrielle contribuent à limiter ces émissions.

Des ouvriers plantent des arbres dans la forêt péruvienne, dans le cadre du projet Bello Horizonte (Pérou, février 2010), projet de Vittel pour la compensation carbone de leurs activités en France et en Belgique. AFP / Marc Deville

Droits d'émission
de CO2 et marchés
du carbone

En 1997, en signant le protocole de Kyoto, une quarantaine de pays industrialisés se sont engagés à réduire de 5,2 % leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à leur niveau de 1990. Dans ce cadre, ils ont accepté de respecter des quotas limitant ces émissions.

Chaque année, les États
qui n'ont pas atteint leurs quotas ont la possibilité de revendre leurs droits d'émission excédentaires aux pays qui ont dépassé les leurs. Ainsi, au global, les engagements de réduction d'émissions sont respectés.

 L'Europe promeut la création d'un marché mondial du carbone.

Les pays revendent ensuite leurs permis d'émettre à certaines entreprises, soumises à des quotas d'émission parce que leurs activités dégagent de grandes quantités de CO2.
Ces échanges se déroulent sur des marchés du carbone organisés à l'échelle nationale ou régionale. En Europe, par exemple, les entreprises achètent des unités de droit d'émission dans le cadre d'une bourse spécifique, le BlueNext. Chacune de ces unités donne la possibilité d'émettre une tonne de CO2.

Par ailleurs, les pays industrialisés peuvent obtenir des droits d'émission supplémentaires
(on parle de "crédits carbone") en échange du soutien qu'ils accordent à des projets réduisant les émissions de GES dans les pays en développement. Ces projets (fermes éoliennes ou solaires par exemple) se voient délivrer par l'ONU des certificats attestant de la réduction d'émissions qu'ils permettent.

En 2008, 60 % des échanges de droits d'émission de CO2 se sont déroulés au sein de l'Union européenne.1 Pour la période 1997-2008, le marché du carbone a permis aux États membres de réduire de 2 % leurs émissions de CO2 par rapport à 1990. L'Europe promeut, par ailleurs, la création d'un marché mondial du carbone qui regrouperait les États-Unis et les grands pays émergents, pour renforcer l'efficacité de cette démarche dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.


Les puits de carbone, capteurs naturels de CO2



Les forêts, mais aussi les océans, les sols et les sous-sols de la planète stockent durablement
le carbone et constituent de véritables réservoirs naturels de CO2 ou "puits de carbone". Par le biais de la photosynthèse, sous l'effet du soleil, les arbres en croissance sont en effet capables de transformer l'eau et le gaz carbonique en glucides (constituant la matière végétale) et en oxygène.

Pour réduire la quantité de CO2 présente dans l'atmosphère, on peut mettre à profit ce processus à travers plusieurs démarches :

  • la gestion durable des forêts existantes consiste à prélever des quantités de bois limitées et à remplacer chaque arbre abattu par un jeune plant (les arbres en pleine croissance captant davantage de CO2 que les arbres plus vieux) ;

  • la reforestation consiste à replanter des forêts là où elles ont été détruites, afin de reconstituer leurs capacités d'absorption du carbone. Ces opérations sont cruciales au vu de l'ampleur de la déforestation. En effet, selon le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement), 14,8 millions d'hectares de forêts tropicales disparaissent chaque année, soit la superficie d'un pays comme le Bangladesh.3 Or, en 2008, ces forêts ont stocké environ
15 % du CO2 émis par les activités humaines
.4 Pour qu'elles continuent de jouer ce rôle,
il faut notamment restaurer les écosystèmes côtiers (mangroves par exemple) qui captent et fixent beaucoup de gaz carbonique ;

  • dans les zones qui ne sont pas menacées de déforestation, on peut aussi créer des puits de carbone qui contribuent à la fixation du CO2. Pour remplir efficacement leur mission, ces puits doivent répondre à certains standards internationaux (nombre d'arbres à l'hectare notamment). Par exemple, en France, le puits de carbone d'Aussières, près de Narbonne, compte 900 arbres/hectare. Il doit capturer 2 650 tonnes de CO2 en 80 ans, soit l'équivalent du gaz carbonique émis au cours d'un millier de vols Paris-New York5 !



Innover pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
dans l'industrie


Le secteur industriel est porteur d'innovations qui contribuent à réduire les émissions de GES. Ces innovations concernent en premier lieu les activités les plus émettrices en CO2 (raffinage du pétrole, fabrication de verre, d'acier, de ciment ou de papier, production d'énergie). Dans ces secteurs, les industriels cherchent en particulier à :

  • employer des matériaux et des composants dont la fabrication génère le moins de CO2 possible (produits par exemple grâce au recyclage) ;

  • utiliser des modes de transport moins émetteurs en CO2 (flottes de véhicules hybrides ou électriques) ;

  • produire, en rejetant le moins de CO2 possible, l'énergie dédiée au fonctionnement des installations industrielles (fours, sécheuses, etc.).

En outre, les acteurs de l'industrie contribuent au développement de la recherche
et de l'enseignement sur la réduction des émissions de GES. Ainsi, depuis septembre 2010,
le groupe Total soutient le fonctionnement d'une chaire consacrée aux "Sciences autour des énergies, du carbone et de l'environnement", au sein de l'ESPCI ParisTech (École supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris). Dans ce cadre, scientifiques et industriels travaillent en partenariat pour élaborer des solutions technologiques innovantes en matière notamment de réduction des émissions de CO2. Il s'agit par exemple de :

  • diminuer le nombre d'étapes d'un processus industriel pour qu'il consomme moins d'énergie et génère donc moins de CO2 ;

  • économiser les composants utilisés dans le cadre d'un processus industriel (sachant que la fabrication de ces composants provoque des émissions de CO2).

Vrai ou Faux ?
Les voitures électriques contribuent à réduire
les émissions de GES.
Vrai et faux. Tout dépend de l'origine de l'électricité utilisée par ces véhicules. Si l'électricité qui fait avancer la voiture est d'origine nucléaire,
le gain en CO2 émis est important puisque les centrales nucléaires n'émettent pas de GES. Si l'électricité provient de centrales fonctionnant grâce à la combustion de gaz naturel, les émissions de CO2 de la voiture ne seront pas nulles, mais elles resteront moins importantes que si l'électricité est produite, par exemple, dans une centrale thermique à charbon.

[1]Source portail européen Euractiv, 2008.
[2]Source portail européen Euractiv, 2008.
[3]Source PNUE (2009).
[4]Source PNUE (2009).
[5]Source Office national des forêts (2008).

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