Réchauffement climatique

Réchauffement climatique : la réponse des États

Mis à jour le 8/9/2011, mis en ligne le 29/11/2010 



Pour lutter contre le réchauffement climatique, les États s'appuient sur des scénarios scientifiques qui décrivent les évolutions possibles du climat. Depuis les années 1990, plusieurs sommets internationaux leur ont permis de travailler dans le sens d'une réponse concertée aux changements climatiques. Les engagements des États se traduisent ensuite par des mesures concrètes, appliquées à l'échelle régionale ou nationale.

Cent soixante-dix pays siègent lors du sommet de Kyoto en décembre 1997 pour définir le protocole de Kyoto destinéà limiter les émissions de gaz à effets de serre. © AFP / Juan Barreto

Prévoir l'avenir
du climat pour mieux lutter contre
le réchauffement climatique

De nombreuses incertitudes scientifiques demeurent concernant l'évolution future des températures terrestres et l'intensité du réchauffement climatique selon les régions.









Les prévisions des chercheurs sont très utiles pour les décideurs politiques et économiques.


Dans son rapport de 2007, le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat) prévoit une hausse de la température terrestre moyenne comprise entre 1,8 et 4 °C pour la période 1980-2099.1 Ces valeurs correspondent à différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre (GES) débouchant sur diverses concentrations en GES dans l'atmosphère (sachant que la concentration en CO2, gaz à effet de serre le plus présent
dans l'atmosphère par rapport aux autres GES, est en 2007 d'environ 0,04 %).

L'établissement de tels scénarios prend en compte divers facteurs :

   • les ressources fossiles (pétrole, gaz, charbon) resteront prépondérantes jusqu'en 2030-2040 pour répondre à des besoins énergétiques croissants. Or, leur combustion est fortement émettrice en CO2 ;

   • la poursuite de la déforestation pourrait accentuer l'effet de serre en diminuant la capacité des écosystèmes à absorber le CO2 ;

   • le réchauffement climatique pourrait faire fondre le permafrost sibérien (sol des régions arctiques gelé toute l'année sur plusieurs centaines de mètres). Ce phénomène pourrait libérer dans l'atmosphère 70 000 millions de tonnes de méthane, un autre gaz à effet de serre ;

   • à l'inverse, l'adoption généralisée de mesures de lutte contre le réchauffement climatique pourrait compenser certaines de ces évolutions.

Les scénarios d'émissions et de concentration en GES sont des données indispensables pour l'élaboration de modèles climatiques, réalisés grâce à des supercalculateurs informatiques
très puissants. Il s'agit d'outils utilisés par les scientifiques pour estimer l'évolution du climat et ses conséquences en fonction de divers paramètres.

Les estimations des chercheurs sont précieuses pour les décideurs politiques et économiques : elles les aident à orienter la lutte contre le réchauffement climatique. Cependant, étant donné la complexité des phénomènes climatiques, il existe un certain risque d'erreur d'interprétation des données scientifiques, qui amène à considérer ces prévisions avec prudence2.


Vrai ou Faux ?
Dès que l'on réduit les émissions de gaz à effet de serre, les températures terrestres baissent.
Faux. Aucun des phénomènes influant sur l'évolution du climat n'a d'effet instantané. Ainsi, même si l'on stabilisait les niveaux actuels de GES dans l'atmosphère, la température moyenne augmenterait encore pendant plusieurs décennies, notamment parce que le CO2 a une durée de vie dans l'air de 100 ans au moins. Le réchauffement de la mer se poursuivrait encore plus longtemps. En effet, les océans se réchauffent lentement en raison de leur masse importante et des mécanismes de transport de chaleur vers les couches profondes de l'océan.


L'adoption de dispositifs internationaux...



En 2008, 29 381 millions de tonnes de CO2 ont été émises à l'échelle mondiale, soit des émissions en augmentation de 40,1 % par rapport à 1990.3 Tous les pays n'émettent pas autant de CO2 :

   • en 2008, les États-Unis sont responsables de 19 %4 des émissions de CO2 ;

   • en 2008, au sein de l'Union européenne, l'Allemagne est le premier pays émetteur de CO2 (803,9 millions de t), suivie du Royaume-Uni (510,6 millions de t). La France arrive en quatrième position (368,2 millions de t) juste après l'Italie (430,1 millions de t)5. Cela provient essentiellement du différentiel entre le système de production d’électricité.

Néanmoins, le réchauffement climatique causé par les émissions de CO2 et par les autres GES reste par nature un problème global. Les solutions doivent donc être envisagées à l'échelle planétaire. C'est pourquoi la communauté internationale a donné le coup d'envoi de la lutte contre le réchauffement climatique en juin 1992 à Rio de Janeiro, lors du deuxième Sommet de la Terre. Cent soixante-six pays ont alors signé la CCNUCC (Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques) qui reconnaît les causes d'origine humaine du réchauffement climatique et encourage les États à prendre des mesures de lutte contre ce phénomène.

En 2007, 192 pays avaient finalement ratifié cette Convention (c'est-à-dire qu'ils l'avaient adoptée afin qu'elle puisse entrer en vigueur sur leur territoire).

En janvier 2009, 184 pays avaient ratifié le protocole de Kyoto6, signé en 1997 à l'occasion de la troisième conférence annuelle de la CCNUCC. Au travers de cet accord international, 38 pays industrialisés, à l'exception notoire des États-Unis, s'engagent à réduire de 5 % leurs émissions de GES entre 2008 et 2012, par rapport aux émissions enregistrées en 1990.7

En somme, en 2009, seuls 4 pays ou territoires dans le monde n'avaient signé ni la CCNUCC ni le protocole de Kyoto (Andorre, Vatican, Irak, Somalie).8

Quant aux pays européens, ils se sont engagés en 2008 à une nouvelle réduction de leurs émissions de GES de 20 % et à l'augmentation – jusqu'à 20 % – de la part des productions d'énergie renouvelable d'ici à 2020 à travers le Paquet Énergie-Climat. Il s'agit d'une série
de mesures législatives adoptées en décembre 2008 pour mettre en place une politique commune de l'énergie à l'échelle européenne.

En décembre 2009, lors du sommet des Nations unies sur le climat à Copenhague, les 192 pays ayant ratifié la CCNUCC se sont réunis pour conclure un nouvel accord faisant suite à celui de Kyoto. Il s'agissait pour les gouvernements de s'entendre sur des objectifs chiffrés
de réduction des émissions de GES
, afin de limiter le réchauffement climatique à 2 °C d'ici à 2100. La majorité des scientifiques estiment en effet qu'au-delà de cette valeur, les conséquences du changement climatique seraient catastrophiques sur les plans environnemental et économique.

Toutefois, les États participant à ce sommet n'ont pu définir aucun objectif commun en raison de certains désaccords opposant des groupes de pays.

  • Les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie) estiment nécessaire la lutte contre le réchauffement climatique. Néanmoins, ils considèrent que les mesures de réduction des émissions de GES ne doivent pas entraver leur développement économique basé sur une consommation énergétique croissante. La consommation énergétique par habitant était très largement inférieure à celle d’un pays de l’OCDE. Pour ces pays, d'une part, l'augmentation des GES résulte de l'activité antérieure des pays développés et ceux-ci doivent donc en assurer la responsabilité. D'autre part, une partie de leur production est liée à la production de biens à destination des consommateurs des pays développés. La Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie souhaitent ainsi que les pays les plus développés les aident financièrement dans la lutte contre le changement climatique.

   • Dans un contexte de crise économique, l'octroi d'aides destinées à lutter contre le réchauffement climatique n'est plus forcément la priorité des États les plus industrialisés.

Les États ont alors dû transmettre pour janvier 2012 leurs engagements sur leurs émissions de CO2. La somme de ces engagements a abouti à une augmentation des émissions qui ne permet pas aujourd’hui d’envisager une limitation du réchauffement à 2 °C. Les négociations pour décider de la suite du protocole de Kyoto et des démarches pour aller plus loin dans la réduction des émissions de GES se poursuivent.


...des mesures concrètes


Pour lutter contre le réchauffement climatique, l'Union européenne mène des campagnes de sensibilisation auprès des entreprises comme des particuliers, afin de promouvoir un modèle de développement moins énergivore. En juin 2005, son Livre vert sur l'efficacité énergétique mettait en évidence la possibilité de réduire de 20 % la consommation énergétique européenne d'ici à 2020, grâce à l'adoption de nouveaux comportements permettant de mieux utiliser l'énergie disponible. Cet objectif a été inscrit dans le Paquet Énergie-Climat.

Pour l'atteindre, l'UE a ciblé divers champs d'action :

   • la production et la distribution de l'énergie présentent encore un immense potentiel d'amélioration de l'efficacité énergétique. En effet, le transport de l'énergie depuis les lieux de production jusqu'aux lieux de consommation engendre des pertes de l'ordre de 30 % de l'énergie primaire consommée en Europe (il s'agit de toute la matière première énergétique convertie en électricité ou en énergie mécanique, à l'exemple du pétrole brut, du gaz naturel ou du charbon ou de la radioactivité de l’uranium ) ;

   • s'agissant des bâtiments résidentiels ou tertiaires, l'application de nouvelles normes d'isolation, l'orientation des pièces, le choix d'équipements peu gourmands en énergie sont autant de moyens pour réduire la consommation énergétique. D'ici à 2020, ces nouveaux principes pourraient permettre d'économiser 11 % de l'énergie totale consommée dans l'UE. En France, en Allemagne et au Royaume-Uni, les écoquartiers sont pionniers sur ce terrain : ils regroupent des bâtiments à énergie positive qui, grâce à leur isolation et grâce aux énergies renouvelables, produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment.

Le développement des sources d'énergie renouvelables est aussi un point clé dans la lutte contre le réchauffement climatique, puisque le recours à ces ressources engendre peu d'émissions de GES. Ainsi, à travers le Paquet Énergie-Climat, l'UE s'est engagée à ce que ses besoins en énergie soient couverts à 20 % par les énergies renouvelables d'ici à 2020, contre 8,5 % en 2008.9 Il est aujourd’hui estimé que cet objectif sera atteint.

Malgré les mesures et la législation qui s'appliquent désormais sur ces points précis, il reste beaucoup à accomplir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Par exemple, le mode de vie périurbain, basé sur l'usage quotidien de la voiture pour circuler entre des banlieues pavillonnaires et un lieu de travail en centre-ville, est fortement énergivore et émetteur de CO2. Le développement des transports en commun est l'une des solutions pour pallier cette conséquence négative de l'étalement urbain. Par ailleurs, l'Europe soutient plusieurs projets de captage-stockage du CO2 afin de neutraliser les effets d'une partie des GES émis.

La lutte contre le réchauffement climatique apparaît donc comme un enjeu du quotidien qui concerne aussi bien les pouvoirs publics et les acteurs économiques que les citoyens.

Vrai ou Faux ?
La France va mettre en place des mesures locales pour lutter contre l’effet de serre.
Vrai. Un « Plan national d’adaptation » sur 5 ans va être déployé. Il comprend 80 actions déclinées en 230 mesures, à mettre en place selon des scénarios établis par Météo France et l’Institut Pierre-Simon Laplace.


[1]Source Rapport de synthèse du GIEC sur les changements climatiques (2007)
[2]Source Communiqué GIEC, 20/01/2010.
[3] [4] [5]Source Agence internationale de l'énergie
[6] [7]Source CCNUCC
[8]Source CCNUCC (documents CCNUCC et Protocole de Kyoto )
[9]Source Présidence de la République française
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