Autres impacts environnementaux

De la production à la consommation,
les autres impacts environnementaux des énergies

Mis à jour le 18/02/2013, mis en ligne le 15/11/2010 


Extraction et raffinage de pétrole, production et distribution d'électricité, transport automobile, chauffage au bois... Du producteur au consommateur, les activités de la filière énergie ont des retombées possibles sur l'environnement, comme sur la santé humaine. Ce constat est valable pour toutes les ressources énergétiques, qu'elles soient d'origine fossile, renouvelable ou nucléaire. Cependant, on peut prévenir ou minimiser ces impacts.


Produire de l'énergie : des effets possibles
sur l'homme et sur l'environnement


Comme toute activité humaine, la production d'énergie peut avoir un impact sur l'homme et sur l'ensemble de la biosphère (faune, flore, air, eau, atmosphère), mais il existe divers moyens de prévenir ou de limiter cet impact :

   • l'extraction de pétrole libère des gaz dits associés. La plupart du temps, ils sont purifiés et commercialisés sous forme de gaz naturel. Quelquefois, cette opération est impossible pour des raisons techniques, économiques ou de sécurité. On doit alors brûler ces gaz avec, pour conséquence, le rejet dans l'atmosphère de GES (gaz à effet de serre) et parfois de polluants (sulfure d'hydrogène, métaux lourds). Ces derniers peuvent provoquer des pluies acides qui endommagent les plantes, altèrent la qualité des eaux et perturbent les animaux. Pour limiter au maximum de tels rejets, les compagnies pétrolières emploient des techniques comme la réinjection des gaz associés à l'intérieur des gisements pétroliers dont ils sont issus. Cette opération évite la dispersion des gaz dans l'atmosphère. De plus, elle permet de récupérer davantage de pétrole brut dans les gisements. En effet, les gaz injectés augmentent la pression à l'intérieur de la roche renfermant le brut et le font remonter à la surface ;

L'impact de la production d'énergie sur l'environnement peut être prévenu ou limité.


• le raffinage du pétrole, tout comme la production d'électricité dans les centrales thermiques, provoque des émissions de particules fines (suies) et de polluants (oxydes de soufre ou d'azote, sulfure d'hydrogène). Pour éviter que ces rejets ne souillent l'air ambiant, on les récupère à plus de 90 % grâce à des filtres. Ensuite, on les traite avec des épurateurs d'air ;

   • l'extraction du charbon peut engendrer chez les mineurs des maladies pulmonaires dues à l'inhalation prolongée de grandes quantités de poussière. Dans les mines, diverses mesures sont appliquées pour prévenir ces maladies : port de masques de protection, ventilation et purification de l'air des galeries, humidification du charbon pour éviter la formation de poussière ;

   • l'exploitation de gisements d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), sous des formes classiques ou moins conventionnelles (sables bitumineux, par exemple), perturbe l'équilibre des écosystèmes. Lorsque ces gisements arrivent en fin de vie, les exploitants nettoient, revégétalisent et réhabilitent les sites au plus près de leur état initial. Cela minimise l'impact de l'extraction sur la faune, la flore et les paysages ;

   • près des centrales thermiques ou nucléaires, la faune et la flore aquatiques peuvent être affectées par les rejets d'eaux chaudes issues des tours de refroidissement (installations permettant de refroidir l'eau utilisée par ces centrales). Les poissons ou les plantes mieux adaptés à la hausse des températures peuvent alors proliférer au détriment d'autres espèces. Les cours d'eau situés à proximité des centrales sont donc surveillés en permanence pour que leur température ne dépasse pas un certain seuil réglementaire ;

   • les centrales nucléaires en fonctionnement émettent des rejets liquides ou gazeux filtrés et épurés, très faiblement radioactifs. Dans l'environnement des centrales, des prélèvements quotidiens sont effectués dans le sol, l'air et les eaux, sur la faune, la flore et les denrées agricoles. On vérifie que leur radioactivité reste très en deçà des valeurs fixées par les pouvoirs publics. De plus, les déchets radioactifs produits par les centrales sont triés, traités, stockés et surveillés selon des processus très stricts et adaptés à leur dangerosité ;

   • la construction de barrages hydroélectriques entraîne souvent la création de grands lacs artificiels (ils servent à stocker de l'eau qui est ensuite envoyée sur des turbines dont le mouvement produit du courant électrique). Ces lacs peuvent avoir un impact sur l'évolution du climat local (augmentation du taux d'humidité et des précipitations). Par ailleurs, le fait de barrer le cours des fleuves peut empêcher les migrations saisonnières de certains poissons.
Pour y remédier, on construit des échelles, ou passes à poissons, qui permettent aux truites, anguilles et saumons de franchir le barrage. Enfin, la construction d'un nouveau barrage
sur un cours d'eau implique parfois d'importants déplacements des populations riveraines vivant sur des berges qui risquent d'être inondées. Entre 1992 et 2008, la construction
du barrage chinois des Trois-Gorges sur le fleuve Yangzi a ainsi entraîné le déplacement
de plus d'un million de personnes ;

   • les parcs solaires photovoltaïques sont installés sur de vastes espaces naturels entourés de clôtures qui entravent les déplacements de la faune sauvage. Pour préserver la biodiversité de ces régions, on met en place des corridors écologiques (couloirs permettant le passage des animaux dans les zones concernées).

Vrai ou Faux ?
La production d'énergie éolienne n'a aucun impact négatif sur l'environnement.
Faux. Le fonctionnement des éoliennes est à l'origine d'une pollution visuelle
et sonore qui peut être importante pour les populations vivant à proximité immédiate des parcs éoliens. En outre, des oiseaux migrateurs peuvent entrer en collision avec les éoliennes implantées dans les couloirs de migration qu'ils empruntent. De ce fait, l'implantation des éoliennes obéit à des règles précises.


Distribution et consommation d'énergie :
quels impacts environnementaux ?

Le transport de l'énergie jusqu'aux consommateurs (particuliers, industriels) n'est pas sans effets sur l'environnement :

   • dans les raffineries, les centres de stockage et les stations-service, le transfert des produits pétroliers entre les cuves et les camions engendre des émissions de vapeurs polluantes. Pour protéger l'air ambiant, on installe des unités de récupération de ces vapeurs, qui seront ensuite traitées pour être rejetées dans l'atmosphère, sans effet néfaste ;

   • tous les déchets générés lors de la distribution des produits pétroliers peuvent avoir un impact négatif sur l'environnement. Ils font donc l'objet de traitements appropriés (incinération des textiles huileux, filtration et dépollution des eaux de lavage des camions et des cuves) ;

   • les lignes à haute tension, qui servent à transporter l'électricité sur de longues distances, génèrent d'importants champs électromagnétiques (CEM). Leurs effets possibles sur la santé des populations riveraines et sur l'environnement font l'objet de recherches approfondies depuis 1996, à travers le Projet international pour l'étude des champs électromagnétiques lancé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).1 Ces recherches ont souligné que "à une distance comprise entre 50 et 100 mètres des lignes à haute tension, l'intensité des CEM retombe à la valeur mesurée loin de ces installations."2 Toutefois, l'OMS fait aussi état de "lacunes dans les connaissances" sur les CEM.3 En attendant que la recherche scientifique progresse sur ce sujet, des normes internationales d'exposition maximale aux CEM ont été fixées. Elles tiennent compte de facteurs comme les activités des personnes exposées, leur âge ou le temps passé à proximité d'une ligne à haute tension.

De même, la consommation d'énergie a des impacts environnementaux et sanitaires. Dans le cadre du transport automobile ou de certaines activités industrielles, la combustion de sources d'énergie d'origine fossile (pétrole, gaz, charbon) génère des émissions :

   • de métaux lourds (plomb) ;

   • de particules fines (poussières) ;

   • de gaz polluants comme l'ozone, le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre ou les oxydes d'azote.

Cette pollution atmosphérique peut causer des troubles respiratoires, des maux de tête, des irritations oculaires ou des allergies, notamment chez certaines personnes fragiles (enfants, personnes âgées ou souffrant d'insuffisance respiratoire).

Elle perturbe aussi le fonctionnement des écosystèmes :

   • des branches déformées se mettent à pousser sur les arbres ;

   • les aiguilles des sapins et des épicéas jaunissent et tombent ;

   • issues du fonctionnement des moteurs diesel, les particules grasses obstruent les pores des feuilles, entravant la respiration des végétaux.

Diverses solutions sont mises en place pour minimiser cet impact négatif :

   • les cendres issues de la combustion du charbon peuvent être récupérées et stockées sous forme de boues dans des bassins de confinement spécifiques. En adoptant ce mode de stockage, on évite que ces déchets ne contaminent l'air, l'eau ou les sols. Les boues sont ensuite traitées par déshydratation puis nettoyées et partiellement réemployées, par exemple comme matériau pour la construction de routes ou encore dans la fabrication de béton ;

   • les émissions de polluants dans l'air sont surveillées et mesurées en permanence par les pouvoirs publics et limitées par des plafonds d'émissions. En cas de concentration trop élevée de particules ou de gaz irritants dans l'atmosphère, des mesures spécifiques peuvent être appliquées (restriction de la circulation automobile, port de masques de protection ou limitation des sorties pour les personnes sensibles à la pollution, incitation à l'usage des transports collectifs) ;

   • la recherche industrielle débouche sur la mise au point de moteurs et de carburants toujours plus performants, qui contribuent sensiblement à la réduction de la pollution atmosphérique.

Vrai ou Faux ?
Le chauffage au bois n'a pas d'effet néfaste sur la santé ni sur l'environnement.
Faux. La combustion du bois de chauffage dégage des fumées contenant
une centaine de composés chimiques dont de nombreux polluants : monoxyde de carbone (CO), oxydes d'azote, particules fines, etc. Si leur concentration dans l'air s'élève au-delà d'un certain seuil, par exemple dans une pièce mal ventilée, ils peuvent causer des irritations oculaires et respiratoires ou des maux de tête. L'installation d'un foyer ou d'un poêle à bois doit donc répondre à des normes précises.

Pour prévenir d'éventuels risques d'intoxication, on installe aussi des détecteurs de CO et de CO2 dans les pièces chauffées au bois.
Ces appareils peuvent être reliés à un poêle et déclencher son arrêt automatique si ces gaz, incolores et inodores, sont présents en quantité excessive dans l'air d'une pièce ou d'un local.

[1][2][3]Source Organisation mondiale de la santé

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