La radio, superflu pour certains, essentielle pour d’autres !
Plus de 90 ans après son invention, la radio demeure le moyen de communication le plus accessible, le plus économique et le plus flexible. Cependant, elle occupe une place plus ou moins importante d’une région à l’autre du monde. En effet, dans des pays comme la France dont les foyers sont équipés à 94,8 % de téléviseurs, à 86,5 % de téléphones et à 30,3% d’un accès à Internet, elle n’est qu’un vecteur d’information parmi d’autres.
Il n’en va pas de même pour l’ensemble de la planète. À travers le monde, quatre personnes sur cinq n'ont pas accès au téléphone régulièrement. Dans les pays d’Afrique à très faibles revenus comme le Niger ou la Somalie, il n'y a qu'un téléphone pour 500 personnes; en République Démocratique du Congo ou au Tchad, il n’y en a qu’un pour 1000. Sans parler des ordinateurs et d’Internet dont la diffusion reste marginale en raison des obstacles de la langue et de taux d’analphabétisme élevés… Par conséquent, la radio est souvent le seul média de masse disponible.
Un moyen économique de porter l’information dans les zones isolées
En Afrique, on compte 20 postes de radio pour 100 personnes. On comprend alors le rôle crucial qu’elle peut jouer auprès des populations isolées. L’accès à l’information via la radio permet d’accélérer le développement. Cependant, il est d’autant plus difficile à réaliser que le taux d’électrification des villages en Afrique reste très faible (inférieur à 5%) et que les sources d’énergies classiques sont souvent absentes. Alors, comment porter l’information jusque dans les zones les plus reculées parfois dépourvues d’électricité ? Les pays africains bénéficient d’un fort ensoleillement. A ce titre, l’énergie solaire, qui est une énergie renouvelable gratuite et inépuisable, offre des solutions pour équiper en radios les villages les plus pauvres.
Des stations de radio sous le soleil du Niger
Au Niger, l’un des pays les plus pauvres du monde, un réseau de stations de radio a vu le jour en 1999 à Bankilare, un village du sud-ouest où les habitants n’ont accès ni à l’électricité, ni au téléphone. Les habitants de ce village ont créé leur propre station qui fonctionne à l’énergie solaire et diffuse des émissions en trois langues locales. Cette initiative est un exemple remarquable en matière d’expérience d’accessibilité à l’information des populations isolées. Elle s’inscrit dans un programme plus large qui vise à développer, au Niger, un réseau de 160 stations émettrices autogérées, alimentées à l’énergie solaire. Aujourd’hui, plus de 70 stations sont totalement opérationnelles ; elles ont toutes été construites par la population qui se charge également de leur gestion. Le programme reçoit l’essentiel de ses ressources et équipements du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Grâce à la radio, les habitants peuvent désormais obtenir des informations utiles sur les dernières prévisions météorologiques, les agriculteurs sur les meilleures méthodes de culture et de conservation des récoltes, les femmes sur l’éducation, l’hygiène et la santé.
A l’énergie des rayons le jour, à la force du poignet la nuit…
La radio est la source principale d’information, mais rares sont les particuliers qui peuvent se permettre d’acheter un récepteur ou, plus précisément, les piles qui l’alimentent. Pour permettre une grande audience des émissions diffusées, une centaine de récepteurs radio à énergie solaire et manuelle destinés à l’écoute collective a donc été distribuée dans un rayon de 20 km autour des stations. Plus besoin de piles puisque les postes fonctionnent tout le temps grâce aux rayons du soleil le jour et à une manivelle la nuit qui permet de remonter le mécanisme…
Pas si « has been » cette radio !
|
|
|
Infos sur le Niger :
Bankilaré est un des plus pauvres illages au Niger, situé à 240 Km à l’Ouest de Niamey. Village enclavé, à 120 Km de piste de Téra, le chef lieu d’Arrondissement ; 2.000 Habitants environ y vivent dans un environnement précaire, sans réseau d’électricité, de téléphone ou d’eau potable ; 10.000 nomades vivent autour du village dans un rayon de 20 à 25 Km.
|
Sources :
Insee
FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations)
Afrik.com
Unesco
Ruranet |
|