Ce n’est pas forcément un long fleuve tranquille ! Il peut y avoir des surprises, qui vont modifier les prévisions de production. De bonnes surprises : par exemple, un gisement qui va continuer à produire au-delà de ce qu’on attendait, soit 10 à 20 % de volume de pétrole en plus de ce qui était envisagé, c’est bon à prendre ! Ou de mauvaises surprises : par exemple, la productivité des puits peut être très inférieure aux prévisions. La quantité de pétrole produite chaque jour peut aussi être beaucoup plus faible que prévu, ce qui peut mettre en danger la rentabilité finale de toute l’exploitation. La cata, c’est si l’on est obligé d’arrêter prématurément la production : un investissement énorme presque entièrement perdu !
Ces surprises montrent bien que la connaissance qu’on a du sous-sol est toujours incertaine, même si l’on a fait de son mieux pour réduire ces incertitudes. C’est pourquoi, pendant toute la vie du gisement, on effectue régulièrement des réévaluations des réserves restant à produire. Réévaluations à la hausse ou à la baisse. Ces réévaluations sont essentielles pour savoir quand il faut s’arrêter.
La vie d’un gisement est variable : en général de quinze à trente ans. Plus longtemps pour un super géant (cinquante ans et plus), moins longtemps pour les gisements en mer profonde (cinq à dix ans) à cause des coûts d’exploitation très élevés. Elle comporte trois étapes : le démarrage (deux à trois ans) avec une montée en production à mesure que l’on fore les puits les uns après les autres. Puis une longue période de palier pendant laquelle la production annuelle est stable. Enfin une période de décroissance variable suivant les gisements, avant la fermeture définitive.
On ne produit pas tout le pétrole ou le gaz contenu dans le sous-sol,
loin de là ! Suivant les types de réservoirs, la récupération
varie de 10 à un peu plus de 50 % pour les gisements de pétrole.
Pour les gisements de gaz seuls, cela atteint souvent 60 à 80 %.
Il reste donc d’importantes quantités de pétrole dans le sous-sol à la fin de l’exploitation. Un des défis des pétroliers est de tenter d’améliorer ces taux de récupération. Quelques pourcentages grapillés sur un gros gisement représentent d’énormes volumes. Un pour-cent de récupération supplémentaire sur tous les gisements de la planète représenterait 2,5 à 3 ans de consommation mondiale ! |