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L'océan Glacial Arctique

La banquise, un grand chaos de glace en renouvellement permanent

Le pôle Nord est situé au cœur de l’océan Arctique, une mer partiellement fermée recouverte par la banquise. Cette fine carapace de glace, de 2 à 3 mètres d’épaisseur moyenne, flotte sur l’océan profond de près de 5 000 mètres. Soumise aux influences du vent et des courants marins, la banquise dérive à la moyenne de 4 à 5 km par jour, suivant deux grandes orientations, le courant de Dérive Transpolaire et le Giratoire de Beaufort. Dans ce mouvement permanent, la banquise est le siège de forces titanesques. Des plaques géantes se fracturent, ouvrant des chenaux d’eau libre pouvant atteindre des centaines de mètres de large, qui regèlent, formant des étendues de jeune glace qui s’épaissit au contact de l’air glacial. Ailleurs les plaques entrent en collision, s’érigent les unes contre les autres, créant des crêtes de compression, amoncellements de blocs de glace de plusieurs mètres de hauteur sur des kilomètres de long. Sous l’eau la compression se traduit par de profondes lames de glace très lisses, appelées voiles ou quilles, qui descendent jusqu’à 30 mètres de profondeur. Tous les ans, la banquise se renouvelle et s’épaissit en hiver alors qu’une part est emportée par le courant de Dérive Transpolaire vers l’Atlantique Nord en longeant la côte est du Groenland. Mais depuis plusieurs décennies, le bilan de glace est négatif.

Réduction rapide de la surface

Les données satellitaires montrent que la surface de la banquise s’est réduite de 6,5 % par décade entre 1980 et 2000. Cette réduction s’accélère si bien qu’en intégrant les données jusqu’en 2005, la banquise a perdu 8 % de sa surface par décade ces trente dernières années. Sur le terrain on se rend compte que l’embâcle est tardif et la débâcle de plus en plus précoce. De grandes étendues d’eau libre permanentes (les polynies), se multiplient. Durant l’été 2005, les navires océanographiques ont atteint la latitude record de 87°N sans être arrêtés par la banquise !

Diminution de l’épaisseur

Au centre de l'océan Glacial Arctique, les analyses sur la période 1993-1997 révèlent une diminution de l’épaisseur moyenne d’environ 1,5 mètre, soit une perte de 40 % par rapport aux valeurs établies dans les années 1958-1976 sur le même territoire. Par ailleurs, cette diminution d'épaisseur est associée à une modification de la nature et de la répartition des glaces pluriannuelles au profit de la glace de l’année moins épaisse, plus sensible au réchauffement.

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