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Les déchets radioactifs

L’essentiel des déchets radioactifs provient de la production d’électricité dans des centrales nucléaires (85% en France). Le reste (15%) provient du secteur médical, de l’industrie, de la recherche et du secteur de l’armement.

On distingue plusieurs catégories de déchets, en fonction de l’intensité des rayonnements qu’ils émettent et de leur durée de vie (période pendant laquelle ils restent radioactifs). On s’attachera ici à la gestion des déchets radioactifs provenant de l’industrie nucléaire (production d’électricité).

Les déchets de faible activité à vie courte : compte-tenu de la vitesse de décroissance radioactive (ce qu’on appelle la période), ils auront d’ici 300 ans un niveau de radioactivité égal à celui de la radioactivité naturelle. Ce sont pour l’essentiel des déchets d’exploitation, liés à la maintenance des centrales nucléaires. Ce sont les outils ou chiffons que l’on a fait pénétrer en zone nucléaire pour assurer des opérations d’entretien, des pièces (vannes, filtres…) que l’on a remplacées.

En France, le volume de ces déchets a été réduit de façon considérable (d’un facteur trois en dix ans). Il représente aujourd’hui environ 100 m3 par réacteur et par an.

Ces déchets sont conditionnés dans des emballages appelés colis, en acier ou en béton. Les déchets y sont enrobés dans une matrice, un matériau dont le rôle est de les rendre inertes et de confiner la radioactivité. Le colis sert à isoler les déchets de l’environnement. D’ici 300 ans, leur niveau de radioactivité se confondra avec la radioactivité ambiante.

Les déchets de moyenne et haute activité à vie longue : ce sont les déchets liés au combustible nucléaire. Ils représentent 10% des déchets nucléaires. L’uranium utilisé dans les centrales nucléaires en est retiré au bout de trois à quatre ans, pour être remplacé par du combustible neuf.

Le combustible irradié constitue un déchet hautement radioactif, et qui le restera pendant une période très longue. Il peut être stocké en l’état, c’est à dire qu’il faut stocker la totalité des assemblages combustibles. Ces éléments combustibles peuvent être retraités, de façon à recycler la matière énergétique. Cette opération de retraitement-recyclage est effectuée par exemple en France. Au terme des opérations de séparation, on récupère :

- la gaine du combustible : les crayons entourant le combustible ;

- la matière énergétique (U238 et plutonium), soit 97% du combustible usé ;

- les déchets générés par la fission : produits de fission et actinides mineurs (éléments formés par l’absorption de neutrons par les noyaux d’uranium).

Le retraitement permet, en récupérant la matière encore énergétique, de diviser par trois le volume des déchets à stocker. Ces déchets de haute activité à vie longue sont vitrifiés, c’est-à-dire coulés dans du verre, matériau qui résiste à la chaleur et aux rayonnements qu’ils dégagent. Ce verre est conditionné dans des fûts métalliques en acier inoxydable, lesquels sont entreposés dans des puits en béton, ventilés pour assurer le refroidissement.

Cette solution d’entreposage peut durer encore quelques dizaines d’années, en attendant une solution définitive. Les volumes, du fait du retraitement, sont assez peu importants. La France par exemple met ce savoir-faire au service d’autres pays, et retraite des déchets pour le compte de l’Allemagne, de la Belgique, du Japon, etc. La totalité des volumes traités en France est ensuite rendue au pays d’origine : la matière énergétique et les déchets ultimes.

En Angleterre, à Sellafield, il existe une usine de retraitement qui procède aux mêmes opérations. En Finlande et en Suède, la solution du stockage géologique profond est retenue : un site est en construction en Finlande (ouverture prévue en 2020) des sites sont à l’étude en Suède. Aux Etats-Unis, il existe depuis 1996 un centre de stockage pour les déchets d’origine militaire. Le combustible civil usé est pour l’instant conservé dans les centrales nucléaires.

L'exemple de la France 
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