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L'avenir de l'énergie géothermique

Le potentiel géothermique de la planète reste largement sous-exploité, en particulier dans de nombreux pays en développement : l’exemple des Philippines est l’arbre qui cache la forêt ! Mais dans ces pays, comme souvent pour les autres énergies renouvelables, le frein au développement de la géothermie est le manque de capitaux. Un puits géothermique coûte cher ; son étude préliminaire, son exploitation et sa surveillance demandent du personnel compétent et bien formé. Les pays en développement restent pour la plupart dépendants d’une aide extérieure…
Dans les pays développés, la géothermie continuera à se développer, mais lentement. En Europe, on prévoit une puissance installée (capacité de production théorique) de 990 MWe en 2010 ( + 20 % par rapport à 2004). Pour la production de chaleur géothermique, la progression prévue est plus rapide : 17 500 MWth en 2010 (+ 235 % par rapport à 2004).

Côté technique, on ne s’intéresse pas seulement aux nappes d’eaux chaudes souterraines. On teste depuis quelques années l’injection d’eau dans des roches « sèches » (par exemple, un massif granitique fracturé ou altéré) situées à grande profondeur et sur une anomalie thermique (fort gradient géothermique), là où règne une température élevée. Le principe est de forer deux puits à une certaine distance l’un de l’autre (quelques centaines de mètres). Dans l’un, on injecte de l’eau à haute pression, ce qui agrandit ou même crée un réseau de fractures dans la roche. Dans le deuxième puits, on pompe l’eau réchauffée par son passage dans les roches à haute température. Une fois que le réseau de fractures est de bonne qualité pour la circulation de l’eau, tout est en place pour injecter un débit d’eau froide constant dans les roches et récupérer de l’eau chaude.

Un test de ce type est mené depuis 2002 en Alsace, à Soultz-sous-Forêt. Les puits sont forés à 5 000 m au cœur d’un massif granitique. L’eau passe à travers des roches dont la température dépasse 200° C. Une petite turbine de 1,5 MWe devrait fonctionner dès début 2008. l’étape suivante sera la réalisation d’une centrale de 20 MW environ. Le projet progresse avec prudence depuis qu’en Suisse, une expérience du même type (menée depuis 1996 près de Bâle) où la pression d’eau injectée était très importante, a provoqué en 2007 un séisme de magnitude 3,4 sur l’échelle de Richter. Même si les dégâts sont légers (principalement des murs fissurés), le projet a été immédiatement suspendu pour 2 ans au moins. Il faut dire que la ville avait été entièrement détruite en 1356 par un tremblement de terre, naturel celui-là. Des mauvais souvenirs… Cette technique ne peut éviter de provoquer des microséismes. Mais ils sont sans aucune gravité si l’on parvient à les limiter à une magnitude inférieure à 2 sur l’échelle de Richter.

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