De l’origine des temps à nos jours, l’humanité a toujours été animée par la volonté d’utiliser toutes les ressources de la nature pour rendre sa vie plus facile ou plus agréable. Et bien entendu, les énergies ont toujours été les meilleures amies de l’homme
pour y parvenir.
Quelle est la forme d’énergie la plus ancienne utilisée par l’homme ? C’est sans aucun doute le feu ! Nos lointains ancêtres les hommes préhistoriques, sûrement en se brûlant un peu les doigts au début, ont appris à utiliser
le bois pour se chauffer et faire cuire leurs steaks de mammouths.
L’énergie de la biomasse,
c'est-à-dire l’énergie mobilisée sous forme chimique par les êtres vivants, venait de trouver ses premières
applications.
Ensuite, vient le vent ! On date les premiers bateaux à voile de 3 000 ans avant Jésus-Christ.
L’utilisation de l’énergie éolienne venait de naître. Les premiers moulins à vent font leur apparition chez les Perses, vers 200 avant Jésus-Christ. Ce n’est qu’au XIIe siècle que cette technologie sera importée en Europe, mille ans plus tard. Et c’est au XIVe siècle que fleuriront les célèbres moulins hollandais. Tous ces ennemis de Don Quichotte servaient principalement à moudre le grain ou à pomper de l’eau. Les Hollandais, en particulier, les utilisaient pour assécher leurs polders, ces terres obstinément gagnées sur la mer. Mais aussi pour faire tourner des scieries ou encore fabriquer de l’huile.
De son côté, l’Angleterre n’était pas en reste : c’est là qu’a été perfectionnée la forme des ailes, à partir de calculs scientifiques. Au XIXe siècle, l’Angleterre comptait près de 10 000 moulins. Les petites éoliennes des campagnes, utilisées pour pomper de l’eau, ont fait leur apparition au XIXe siècle. Dotées de nombreuses pales et de petit diamètre, elles n’ont pas grand-chose à voir avec les éoliennes modernes.
Après l’air… l’eau ! Cousins des moulins à vent, les moulins à eau remontent également à l’Antiquité. Ils sont les premiers représentants de la domestication de l’énergie hydraulique. On les utilisait pour les mêmes besoins que les moulins à vent. Les barrages existent aussi depuis très longtemps. Le premier aurait été construit en Egypte par le pharaon Ménès en 2900 avant Jésus-Christ. Mais ils servaient à stocker de l’eau pour les cultures et la consommation humaine et animale. Ce n’est qu’après la découverte de l’électricité qu’ils ont servi à produire de l’énergie.
Ces sources d’énergie anciennes restent plus que jamais utilisées de nos jours, avec des technologies plus performantes. Mais d’autres formes sont entrées en scène, les énergies modernes. Modernes, oui, même si elles ne sont plus toutes jeunes. Ce sont d’abord les énergies qui ont permis les deux grandes révolutions industrielles : le charbon (de bois dans un premier temps), au XIXe siècle, et le pétrole (et le gaz) au XXe siècle.
C’est grâce à ces combustibles fossiles qu’on a pu, dans les pays riches, mettre à la disposition de tout le monde des quantités d’énergie telles qu’elles ont énormément changé la vie de tous.
Enfin, la découverte de la radioactivité naturelle en 1896 a ouvert la voie à la maîtrise de l’atome. L'énergie nucléaire de fission était née. Il s'agit de casser de très gros atomes d’uranium pour libérer de l’énergie. Pour les pays qui ont fait ce choix (comme la France) c'est un moyen important de produire de l’électricité. Cette énergie est la plus récente, les premières centrales nucléaires datent en effet des années 1950.
Ensuite, il y a les sources d’énergie en devenir.
Ainsi, l'utilisation de l’énergie solaire est encore plus récente (début des années 1970). Curieusement, la découverte de la transformation de lumière du soleil en courant électrique (l’effet photovoltaïque) est plus ancienne que celle de la radioactivité, puisqu’elle date de 1839. Mais les industriels ont attendu le premier choc pétrolier de 1973 avant de s’y intéresser sérieusement.
Avec la géothermie, on utilise les eaux du sous-sol profond, naturellement chaudes ou très chaudes, pour les besoins du chauffage ou de la production d’électricité. Même si Astérix et César connaissaient déjà les sources chaudes, ils s’en servaient plutôt pour leurs bains. L’utilisation de la géothermie comme source d’énergie date de la deuxième moitié du XXe siècle, comme pour l’énergie solaire
Et puis, celles dont on ne sait pas encore quoi faire...
les sources d’énergie que l’homme n’est pas encore parvenu à maîtriser à son profit.
On ne sait pas si on saura le faire un jour...
L’électricité sauvage, d’abord, autrement dit la foudre. Un éclair déborde d’énergie furieuse. Malheureusement, et malgré des tentatives qui ont échoué, on ne sait pas la récupérer. Elle est trop intense et trop brutale, et en plus on ne sait prévoir ni où ni quand elle va tomber. Tout au plus on parvient, grâce aux paratonnerres, à la dévier des maisons ou des bâtiments où elle pourrait faire des ravages.
Les marées, courants marins et vagues de l’océan possèdent une formidable énergie, mais on ne sait pas encore comment la capter de manière rentable à grande échelle. Mais les recherches se poursuivent, et elles ont fait de grands progrès récemment. De nombreux appareils sont en test. Certains d’entre eux seront développés en grand nombre le long de nos côtes pour produire de l’électricité.
Il existe une seule usine produisant de l’électricité à une échelle industrielle grâce à l’énergie des marées, et elle est en France. C’est l’usine marémotrice de la Rance, en Bretagne.
La différence de température entre la surface et le fond des océans permet aussi théoriquement de produire de l’électricité. Mais cette énergie thermique des océans paraît pour l’instant difficile et coûteuse à récupérer. Mais qui sait, une équipe de chercheurs futés trouvera peut-être bientôt la solution ?
Les sources d’énergie inépuisables existent peut-être. C’est d’abord une technique particulière de la fission nucléaire : celle des réacteurs surgénérateurs. Elle permettrait en théorie d’utiliser d’autres combustibles nucléaires que l’uranium utilisé actuellement. Les réserves de combustible couvriraient alors des dizaines de milliers d’années. Mais cette technique n’a pour l’instant pas été maîtrisée du point de vue de la sécurité.
Mais c’est surtout la fusion nucléaire, l’énergie des étoiles, la transformation de deux tous petits atomes d’hydrogène en un atome d’hélium à peine plus gros. Et avec une énorme libération d’énergie quand ce sont des milliards et des milliards d’atomes qui fusionnent ! L’hydrogène est présent en grandes quantités sur terre, c’est l’un des composants de l’eau ; cette source d’énergie serait ainsi abondante, et pour très, très longtemps. Pour l’instant, on en est au stade de la recherche, mais c’est tellement difficile à réaliser techniquement qu’on ne sait pas si on y parviendra un jour. En attendant, les militaires, eux, savent libérer cette énergie, mais sans pouvoir la contrôler : c’est la bombe H (la bombe à hydrogène), qu’on ne peut malheureusement pas utiliser à des fins civiles, pour faire de l’électricité par exemple.
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