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Les risques industriels

Toutes les activités humaines peuvent être à l’origine d’accidents. Elles comportent une part de risque. C’est vrai dans la vie de tous les jours : en voiture, sur un terrain de sport, à la mer… C’est même vrai à la maison, puisqu’il y a chaque année 18 000 morts par accidents domestiques en France.
Dans les activités qui font appel à des technologies, c’est la même chose : il n’y a pas de « risque zéro ». Dès que l’homme décide de produire, de transporter ou de façonner la matière à son profit, des risques apparaissent. Le risque technologique, c’est la possibilité qu’un événement accidentel se produise sur un site qui met en jeu des produits ou des procédés dangereux.
Ces produits, ces procédés peuvent amplifier les conséquences de l’accident. Le personnel d’une usine, les riverains ou même l’environnement sont alors susceptibles d’être touchés, parfois de manière dramatique. Il est donc essentiel de pouvoir mesurer ces risques, pour mieux les prévenir.

1. Mesurer les risques technologiques

a) Où risque-t-on le plus ? les activités qui présentent un risque technologique.

Toutes les activités industrielles génèrent des risques, principalement liés aux produits stockés ou fabriqués :

- les industries minières, qui présentent des risques d’exploitation (effondrements, coups de grisou et coups de poussier dans les mines de charbon…) et celles qui utilisent des produits très toxiques (sels de mercure, cyanures…) ;

- les centrales nucléaires, où sont manipulées et produites des matières très radioactives. Les mesures de sécurité y sont les plus sévères, pour prévenir par exemple le risque de fusion du cœur d’un réacteur, ou d’une émission de matières radioactives dans l’atmosphère ;

- les industries chimiques, produisent ou utilisent des substances souvent dangereuses en grandes quantités. Ces produits servent à la fabrication de plastiques, de produits pharmaceutiques, d’engrais, parfois d’explosifs… Ils présentent dans certaines conditions des risques d’explosion ou d’émission de substances toxiques ;

- les industries pétrolières et pétrochimiques, produisent, stockent et transforment le gaz, le pétrole et tous ses dérivés. Elles doivent prévenir des risques d’incendie, d’explosion, de pollution marine et de pollution des sols ;

- les industries sidérurgiques, traitent les dérivés des métaux à très hautes températures et peuvent présenter un risque d’explosion avec projection de matières en fusion ;

- les grands barrages hydroélectriques, avec les risques de rupture et de submersion de l’aval ;
- et d’autres lieux, comme les grands silos à grains où peuvent se produire des explosions dues à l’inflammation des poussières…

b) Que risque-t-on ? savoir mesurer les conséquences d’un accident technologique…

  • Un accident industriel peut provoquer trois types d’effets :

  • - Les effets mécaniques : une explosion provoque une onde de choc, à l’origine d’une brusque surpression. Les spécialistes calculent la surpression engendrée, et déterminent ainsi ses risques sur la santé (tympans, poumons…) et sur les biens.

    - Les effets thermiques : ils sont liés à la combustion d’un produit, parfois accompagnée d’une explosion. Les conséquences sur l’homme, brûlures aux 1er, 2e et 3e degrés, sont déterminées par calcul de la quantité de chaleur reçue par unité de surface.

    - Les effets toxiques : ils correspondent à l’inhalation, l’ingestion ou le contact avec la peau ou les muqueuses d’une substance irritante, nocive ou toxique. Sur la santé humaine, ces effets peuvent être immédiats (toxicité aiguë) ou sur le long terme (toxicité chroniques), et vont du bénin (substances irritantes) au mortel (substances toxiques).

  • Comment estime-t-on les conséquences d’un accident technologique ?

  • La gravité d’un accident technologique se définit en tenant compte à la fois de la gravité de ses effets (cf. plus haut) et de l’espace affecté par ces effets. Par exemple, un effondrement au fond d’une mine n’affecte pas le même espace qu’un accident de transport ferroviaire.
    En février 1994, l’Union européenne a décidé d’adopter « l’échelle européenne des accidents industriels ». Cette échelle est très précise et basée sur 18 paramètres permettant de caractériser les effets et les conséquences des accidents. On dénombre ainsi :

    2 paramètres relatifs aux quantités de matières dangereuses (Q),

    7 paramètres relatifs aux aspects humains et sociaux (H),

    5 paramètres concernant les conséquences sur l’environnement (Env),

    4 paramètres se rapportant aux aspects financiers (€).

    Pour chacun de ces paramètres, il existe une échelle de 6 niveaux qui permet de quantifier la gravité des effets d’un accident industriel.

    Pour autant, les activités industrielles ne sont pas des « chaudrons du diable » :

    - Ces activités ont un sens. Elles fournissent des produits qui nous sont nécessaires dans notre quotidien (énergie, alimentaire, matières plastiques, engrais, produits pharmaceutiques…)

    - Il est donc essentiel d’en prévenir les risques. La prévention est une nécessité pour la santé publique. La protection des personnes et la sécurité des installations sont des préalables à la performance.

    2. Prévenir les risques industriels

    a) Quelles sont les réglementations en vigueur ?

    En France comme dans de nombreux pays, l’Etat donne un cadre juridique aux mesures de prévention des risques technologiques.
    Suivant le type de produits stockés ou fabriqués, les entreprises dont les activités comprennent une part de risque sont classées selon trois niveaux de dangerosité :

    - les entreprises soumises à déclaration, qui peuvent présenter des risques ou des nuisances faibles. On en compte 450 000 en France, de la porcherie à la petite unité de stockage de gaz, en passant par la fabrique de bougies.

    - les entreprises soumises à autorisation, sont celles qui peuvent rencontrer des risques importants. Par exemple, les unités stockant plus de 1,5 t d’ammoniac, des dépôts de papiers et cartons… On en dénombre 61 300 en France.

    - les entreprises soumises à autorisation avec servitude d’utilité publique (on les appelle couramment « les entreprises classées Seveso »). Dans ce cas, les risques sont très importants, et nécessitent de maîtriser l’urbanisation autour du site. C’est le cas d’entreprises employant ou stockant plus de 20 tonnes de substances très toxiques ou d’autres sites à risques. Il y en a 1 239 en France.

    Dans chacun de ces cas, l’entreprise présente son activité au Préfet qui notifie les mesures de sécurité à prendre.
    Afin de définir à quel niveau de dangerosité le site appartient, on utilise la « nomenclature ICPE » (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement). Ce texte définit des seuils de quantités de produits et des types d’activité, à partir desquels l'entreprise est soumise à tel ou tel des trois régimes.

    Enfin, depuis juillet 2003, et la loi dite « Bachelot » sont mis en place progressivement des Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT).
    Cette loi renforce la législation sur les risques industriels en mettant en place :

    - des Comités Locaux d’Information et de Concertation (CLIC) qui informent le public et l’associent à la prévention des risques industriels ;

    - des mesures de protection des riverains si leurs bâtiments ne les protègent pas en cas d’accident ;

    - des mesures de maîtrise de l’urbanisme qui limitent la construction d’habitations autour des sites. Elles peuvent aussi agir sur l’urbanisation existante pour mettre à l’abri ou déplacer les populations déjà présentes.

    En Europe, il existe une directive sur les risques industriels : la directive SEVESO de 1982. Elle est complétée depuis 1996 par la directive 96/82/CE dite SEVESO 2 :

    - De nouveaux produits ont été ajoutés à la liste des substances dangereuses.

    - La législation ne vise plus seulement une installation particulière au sein d'une usine, mais la totalité du site, dès lors qu’au moins une des installations est « classée SEVESO ».

    - Cette réglementation met en place deux seuils de classement, en fonction des substances stockées et de leur quantité.

    Les directives SEVESO visent aussi à un meilleur échange d’informations entre les Etats membres et accordent beaucoup d’attention aux effets transfrontaliers potentiels d’accidents graves

    A l’échelle internationale, la prévention des risques technologiques passe par :

    - la Convention no 174 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la prévention des accidents industriels (Genève, 1993),

    - la Convention de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-Onu) sur les effets transfrontaliers des accidents industriels (Helsinki, 1992).

    b) Que font les industriels eux-même pour limiter les risques technologiques ?

    Pour les industriels, la prévention des risques est essentielle. Pour bien travailler, il faut un milieu sécurisé où l’on se sente en confiance.

    - Il faut avant tout évaluer les risques auxquels l’entreprise s’expose, et mesurer leurs effets.

    - Il faut ensuite réduire les risques à la source. Pour ce faire, on met en place des procédures de manipulation des produits, des installations sécurisées, des systèmes de surveillance et de détection ainsi qu’une formation rigoureuse des employés. Enfin, on effectue des contrôles sévères de l’application de toutes ces mesures de sécurité.

    - Puis il faut mettre en place des procédures à appliquer si un accident survenait, afin d’en combattre les effets le plus rapidement possible. Il s’agit d’installations anti-incendie (lances, extincteurs…), d’équipements limitant les effets d’une explosion (merlons de protection, rideaux d’eau…) ou d’une pollution (installations étanches…) et de plans d’évacuation des populations concernées.

    Pour assurer la sécurité des sites et le contrôle des opérations et des installations, il existe des équipes de secours spécialement dédiées à la sécurité sur tous les sites industriels. Ces équipes d’intervention ont deux missions essentielles : assurer la sécurité de chaque employé au poste de travail (c’est ce qu’on appelle la « sécurité opérationnelle ») et protéger les installations industrielles (c’est ce qu’on appelle la « maîtrise des risques technologiques »).

    Quelques exemples d’accidents technologiques majeurs 
    Les paramètres de l’échelle européenne des accidents industriels 
    Site du Ministère de l’environnement  
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