Au XXe siècle, jusqu’au début
des années 1970, on pensait que les relations entre l’homme
et la terre étaient harmonieuses. On croyait fermement que les ressources
en matières premières et en énergies seraient maintenues
pour longtemps. La prise de conscience des limites des réserves
en énergie fossile ne s’est ensuite imposée que peu à peu.
Le principal danger qu’on envisageait était une démographie
galopante (doublement de la population mondiale tous les 40 ans). Avec,
rapidement, dès le milieu du XXI e siècle, l’impossibilité de
nourrir tous les habitants de la planète. Cette crainte est maintenant
dissipée. Le rythme de croissance de la population a beaucoup diminué.
Nous sommes aujourd’hui 6,5 milliards d’habitants sur terre,
et cette population devrait se stabiliser à environ 10 milliards
avant la fin du siècle.
Mais d’autres risques sont apparus entre-temps, vers la fin des années 1980, concernant des « matières » que l’on pensait inépuisables et sans valeur particulière : l’air, l’eau, les forêts, la faune et la flore.
L’air ? La pollution de l’air par les résidus de nos activités (ozone, SO2, oxydes d’azote, fumées…) met en danger notre santé, même si des mesures sont prises pour les limiter au maximum : les normes concernant les rejets de polluants dans l’atmosphère sont de plus en plus sévères. En Europe, elles sont fixées par des directives de l’Union européenne (UE) et elles évoluent en permanence : par exemple, en décembre 2003, l’UE, les Etats-Unis, le Japon et la Chine ont conclu un accord concernant les problèmes de pollution par les moyens de transport. Les recherches dans le cadre de cet accord permettront de fixer de nouvelles normes anti-pollution dans ces pays.
L’augmentation du taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère menace de changer radicalement le climat de la planète.
L’eau ? Avec la croissance démographique, l’accès à l’eau potable devient problématique dans de nombreux pays : 1,2 milliard d’êtres humains en sont privés et 2,5 milliards n’ont pas accès à des structures d’assainissement. Par an, 8 millions de personnes meurent pour avoir consommé de l’eau contaminée. Les agences de l’ONU ont toutes une composante « ressources en eau » dans leurs programmes, mais il n’existe pas d’organisme onusien en charge des problèmes de l’eau. Deux institutions travaillent sur le sujet : le CME (Conseil mondial de l’eau), créé en 1996 et basé à Marseille, et le PME (Partenariat mondial pour l’eau). Le CME regroupe, en 2005, 330 membres : gouvernements, multinationales, ONG, centres de recherche, fondations, banques… L’objectif des deux organismes est le même : réfléchir aux problèmes de l’eau dans le monde et penser une politique de gestion des ressources en eau. Produire de l’eau potable ne pose pas de problèmes techniques insurmontables : on utilise des stations d’épuration ou on dessale de l’eau de mer. Mais cette dernière solution est très coûteuse en énergie. Une première solution consisterait à limiter les gaspillages. Par exemple, le Worldwatch Institute, organisme de recherche américain interdisciplinaire qui a pour vocation l’étude des problèmes environnementaux au niveau mondial, fondé en 1974, estime, dans son rapport 2004, que les pertes en eau potable par gaspillage et fuites sont de
30 % à Paris et de 50 % ailleurs en France.
Les forêts ? Leur disparition s’accentue dans les pays où elles étaient tellement vastes qu’on ne s’est pas inquiété au départ de leur exploitation : en Amazonie brésilienne, en Indonésie…
La faune et la flore ? On s’aperçoit aujourd’hui que le mal est beaucoup plus profond que le risque de disparition de quelques animaux emblématiques : panda géant, léopard des neiges, tigre de Sumatra… Ce sont des espèces qui disparaissent par milliers, à un rythme beaucoup plus rapide que celui des disparitions naturelles. La biodiversité semble menacée.
Tous ces problèmes sont dus aux effets de l’activité humaine. Cela est évident pour les forêts et la pollution. La plupart des experts indépendants considèrent que c’est aussi le cas pour le changement climatique. |