Réaliser un parcours de biathlon ou un slalom géant à plus de 1 500 mètres d'altitude ne peut se faire sans préparation. Pour être au mieux de leur forme lors d'une compétition, les sportifs doivent habituer leur organisme à travailler dans cet environnement inhabituel.
Au-dessus de 1 300 m, les réactions biologiques de notre organisme sont modifiées de façon importante et conduisent à la réduction des performances physiques. Que se passe-t-il exactement ? À cette hauteur, la pression chute et avec elle la pression partielle en oxygène<note>Quelle que soit l'altitude, la teneur en oxygène est la même : 21 %.</note>. La quantité d'oxygène disponible pour l'organisme est donc plus faible et nos muscles, ayant un besoin essentiel d'oxygène pour fonctionner, sont moins performants. L'organisme se trouve en hypoxie. Chez l'homme, les muscles squelettiques représentent 40 % du poids corporel et consomment au repos 25 à 30 % de la totalité de l'oxygène utilisé par l'organisme.
Notre organisme va alors réagir à ce manque d'oxygène. La ventilation pulmonaire va s'accélérer pour accroître les échanges gazeux entre l'air inspiré (milieu artériel) et les muscles (milieu tissulaire) et compenser le manque d'oxygène. Par ailleurs, le nombre de globules rouges va augmenter au bout de plusieurs jours ou semaines. Il en résulte une concentration de l'hémoglobine plus importante et donc une meilleure oxygénation des muscles.
L'air étant plus sec, le sportif aura tendance à boire davantage en altitude. Par ailleurs, la diminution relative de l'oxygène de l'air conduit l'organisme à se tourner davantage vers les glucides. Les besoins en glucides sont donc plus importants. Par ailleurs, le froid augmente le besoin calorique de l'organisme.
Pour une compétition en altitude, le délai d'acclimatation est d'environ deux semaines. C'est ainsi que certains sportifs vont faire un stage en altitude avant d'entamer les épreuves. Aux Jeux Olympiques de Turin, par exemple, les épreuves de ski de fond se sont déroulées sur la piste de Pragelato à 1 550 m. À cette altitude, les performances sont diminuées de 5 %. Pour s'acclimater à ces conditions inhabituelles, l'équipe de France est allée s'entraîner pendant quinze jours dans une base de l'armée de terre à Montgenèvre, dans les Hautes-Alpes, située à 2 700 m d'altitude. Cet entraînement en hauteur a permis aux sportifs de fabriquer des globules rouges. Pour travailler plus spécifiquement la vitesse, l'équipe redescendait dans la station de Montgenèvre qui est à la même altitude que Pragelato.
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