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Hélicoptère de la société de télédétection Trading Corp
  Les déperditions d’énergie vues du ciel
  17/09/2007
 

Lorsque l’on parle de réchauffement climatique, on pense rarement aux déperditions d’énergie des bâtiments, qu’elles soient dues au chauffage ou à la climatisation. Et pourtant ceux-ci constituent en France la deuxième source d’émissions de gaz à effet de serre après les transports(1). La thermographie des villes permet de repérer les bâtiments les moins bien isolés.

Un hélicoptère et une caméra infrarouge

Pour réaliser la carte thermique d’une ville et de ses banlieues, un hélicoptère les survole entre 400 et 500 mètres d’altitude et prend des clichés des toitures(2) et, parfois, des façades grâce à une caméra infrarouge(3) placée à l’avant de l’appareil. La technologie infrarouge permet de voir le différentiel de chaleur entre la température ambiante et le pourtour des bâtiments observés.

Pour obtenir des informations fiables, l’opération doit se dérouler en hiver, la température extérieure doit être inférieure à 5°C, l’ensoleillement doit être très faible, il ne doit pas y avoir de brouillard et il ne doit pas avoir plu depuis moins de 36 h. Une caméra infrarouge possède un pouvoir de résolution variable de 0,1 à 0,02 degré centigrade, c'est-à-dire qu’elle peut distinguer jusqu’à 0,02 °C de différence de température entre deux tuiles contigüe sur un toit !

La durée de l’opération varie en fonction de la taille de la ville et de ses banlieues, en moyenne quelques jours, et le nombre de clichés pris se compte en dizaine de milliers (600 à 700 clichés par km²).

Reproduites sur une carte thermographique appelée « thermicarte ® »(4) , les images thermiques distinguent 6 nuances de couleurs, du bleu foncé (déperditions imperceptibles) au rouge et au rose (déperditions très importantes et excessives).

Des résultats durables
Plusieurs villes françaises comme Aubagne, Gap, Marseille, Dunkerque, Reims et Troyes ont déjà réalisé une telle opération dont le coût est relativement raisonnable, environ un euro par habitant pour une ville moyenne.
L’intérêt est de présenter un diagnostic complet de la chaleur qui s’échappe des maisons, des immeubles et des infrastructures pour sensibiliser leurs propriétaires à la maîtrise de l’énergie et dans le même temps leur permettre, après réalisation des travaux d’isolation thermique adéquats, de faire des économies sur leurs factures de chauffage !
Les effets positifs ne sont pas seulement écologiques et financiers : ils sont aussi économiques. On sait par expérience qu’une étude thermographique identifie 8 à 10% de bâtiments nécessitant des travaux de rénovation urgents. C’est alors l’économie locale qui en profite, grâce à l’augmentation du volume d’activité des artisans spécialisés !

Sensibiliser les citoyens
Dans les villes soumises à étude thermographique, chaque habitant a accès aux données le concernant. Sur demande, une analyse personnalisée peut alors être produite par des experts qui offrent ensuite leurs conseils et informent sur les éventuelles aides dont pourraient bénéficier les demandeurs pour améliorer leur isolation thermique, comme des crédits d’impôts, une TVA à taux réduit ou des prêts bonifiés.
Les études thermographiques n’ont pas pour objectif de pointer du doigt les mauvais citoyens, mais de responsabiliser l’ensemble du public. A Gap, la mairie affirme que plus de 6000 foyers sont venus s’informer et que beaucoup d’entre eux ont entrepris des travaux !

Sources :
AFP
Trading Corp. Consulting

(1) Les bâtiments rejettent annuellement 100 millions de tonnes d’équivalent CO2, les transports 110 millions.

(2) L’énergie d’un bâtiment s’échappe en partie par la toiture, d’où l’intérêt des clichés aériens :
- Toiture : - 30%
- murs mal isolés : - 25%
- renouvellement de l’air : - 20%
- vitrages : - 13%
- sols : - 12%

(3) Rendant visibles les radiations émises par la chaleur, la technologie infrarouge était à l’origine utilisée pour repérer de nuit des troupes ennemies au sol, en détectant la chaleur corporelle des soldats.

(4) Représentation sous forme cadastrale de l'état des déperditions énergétiques de bâtiments sur la totalité d'une ville, enregistré préalablement en thermographie infrarouge. Les thermicartes ® distinguent 6 niveaux de déperdition représentés par 6 couleurs :

       Déperdition non perceptible
   
      Faible
   
      Moyenne
   
      Importante
   
      Trés importante
   
      Excessive

 

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