 |
 |
|
 |
 |
|
|
 |
|
Certains pays, les signataires du protocole de Kyoto, ont décidé de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces pays ne devraient pas augmenter leur consommation de charbon, mais plutôt la réduire pour limiter leurs émissions de CO2. Pour les autres, en raison du renchérissement du prix du pétrole, il est probable que le charbon deviendra une source d’énergie meilleur marché, dans laquelle ils vont puiser encore davantage. La part du charbon dans la consommation d’énergie primaire (un tiers) devrait rester stable pendant encore une ou deux dizaines d’années, puis aller en s’accroissant. Certains problèmes de pollution liée au charbon peuvent être résolus en traitant les fumées de combustion, mais il reste toujours le difficile problème du CO2.
Depuis 2004, les prix du pétrole ont fortement augmenté. Et il n’est pas certain qu’ils redescendront longtemps à leur niveau bon marché antérieur. Dans ce contexte d’énergie plus chère, les dirigeants du monde ont le choix entre 3 grands types de solutions (non exclusives les unes des autres) :
- encourager les économies d’énergie ;
- développer des énergies nouvelles et si possible renouvelables ;
- relancer des énergies déjà connues mais dont l’utilisation avait été réduite avec l’arrivée du pétrole.
Les avantagesLe charbon fait partie de ce dernier type de solution. Le
pétrole
commence à manquer ? Faisons appel, entre autres, au charbon
pour le remplacer ! Les réserves mondiales de charbon sont très
importantes et dureront 200 ans au rythme de la consommation actuelle.
De plus, ces réserves sont réparties plus équitablement
dans le monde que celles du pétrole. Ainsi, le pays le plus vorace
en énergie de la planète, les Etats-Unis, est aussi celui
qui possède les plus importantes réserves de charbon. Enfin,
le charbon devrait rester une énergie bon marché : il
ne coûte pas très cher à exploiter, ni à utiliser
pour produire de l’électricité. |
|
 |
| Terminal charbonnier de Richard's Bay (Richard's Bay - Afrique du Sud). |
|
 |
|
|
|
Les inconvénients
Le charbon présente
cependant des inconvénients :
- des limitations techniques, d’abord : le charbon ne peut pas être utilisé dans les transports, sauf si l’on revient à la machine à vapeur ou, plus sérieusement, si l’on passe aux véhicules électriques ;
- et des problèmes écologiques. La combustion du charbon est très polluante. Comme le pétrole, le charbon contient du soufre, qui en brûlant donne de l’anhydride sulfureux SO 2. Celui-ci s’oxyde dans l’atmosphère en acide sulfurique, irritant les poumons et responsable principal des « pluies acides » néfastes pour les forêts. La combustion du charbon dégage également des oxydes d’azote NOx. Il existe plusieurs procédés efficaces pour désulfurer et dénitrifier fortement les émissions de gaz de combustion du charbon. On agit en amont, avant la combustion, ou en aval, en traitant les fumées. Ainsi, en traitant les fumées, on sait réduire la proportion de SO 2 de 90 %, et celle de NOx de 80 %. Ces procédés sont peu à peu mis en place dans toutes les centrales à fioul et à charbon d’Europe, afin de répondre aux nouvelles normes européennes.
Mais la combustion du charbon, comme celle du gaz et du pétrole, produit du dioxyde de carbone CO2, principal gaz à effet de serre. Et là, il n’y a pas de solution pour l’instant, même si des idées ont été avancées (injection de CO2 dans le sous-sol ou dans les grandes fosses océaniques ; multiplication des surfaces boisées pour en fixer une partie …). Les pays signataires du protocole de Kyoto, qui s’engagent à ramener leurs émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990, ne devraient sans doute pas développer leur consommation de charbon. Ceux qui refusent de faire un effort de réduction et qui s’autorisent à produire toujours plus de CO2 pour les besoins de leur croissance, vont sans doute l’accroître dans les années à venir. L’avenir du charbon est donc fortement lié à la volonté ou non de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et à l’avancée des techniques de fixation du CO2 dans le sous-sol ou dans l’océan.
Des pistes technologiques se développent rapidement, notamment aux Etats-Unis, où des programmes de recherche portent sur :
- la gazéification du charbon pour produire de l’hydrogène destiné aux piles à combustible ;
- la capture et la séquestration du CO2 qui, injecté dans des gisements de pétrole, permettraient d’améliorer la récupération de hydrocarbures.
Quel est l’avenir du charbon ? Cela va dépendre des décisions politiques qui vont être prises dans les années à venir. Mais quoi qu’il arrive, le charbon va rester une source d’énergie majeure, au moins pendant toute la première moitié du XXI e siècle. |
|
| |
|
|
|
|