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Maïs
  Bioéthanol
  07/12/2006
 

La canne à sucre, secret du pionnier de l’éthanol : le Brésil

C’est au lendemain du premier choc pétrolier (1973) et afin de réduire sa dépendance énergétique au pétrole que le Brésil a fait le choix d’intensifier sa production de cannes à sucre dont l’éthanol est issu.
Déjà en 1984, environ 95 % des véhicules fabriqués au Brésil étaient équipés pour fonctionner à l’alcool. Aujourd’hui, deux millions de véhicules pourvus de la technologie Flexfuel, qui permet d’utiliser un mélange variable d’éthanol et d’essence, circulent au Brésil et près de la totalité des stations proposent déjà de l'éthanol comme carburant. Le Brésil est bien le leader incontesté en la matière, mais gare aux challengers…

Le « corn belt » mise sur la fièvre de l’éthanol !

… car les Etats-Unis ne sont pas en reste. Certes pas de cannes à sucre, mais une plante à amidon qui n’en demeure pas moins efficace : le maïs ! Devenir les rois du pétrole vert, tel est l’objectif des nombreux agriculteurs et surtout des transformateurs de produits agricoles du Middle West et notamment de l’Iowa, état qui compte aujourd’hui une centaine d’usines de production de ce carburant. La production d’éthanol aux Etats-Unis croît de 15 à 20% par an depuis 2002 et la capacité totale de production devrait atteindre 250 millions d'hectolitres par an en 2008 ! Alors, peut-on d’ores et déjà prédire une hégémonie Nord américaine? Pas encore, puisque seulement 5,5 millions de véhicules flexibles circulent et que le pays ne possèdent pour l’instant que 813 pompes (sur un total de 180 000) qui délivrent du carburant vert sous forme d’E85, un mélange de 85% d’éthanol et de 15% d’essence. Encore un peu de chemin à parcourir pour devenir le « Koweït » du biocarburant…

L’Europe marche au biodiesel…

En Europe, la Suède fait figure d’exception avec un réseau de distribution de carburants verts E-85 en expansion (399 points de vente sur 2 400 stations) et 50 000 véhicules en circulation. C’est en effet un des rares états membre de l’Union Européenne à posséder un parc d’automobiles privées fonctionnant très majoritairement à l’essence. D’autres grands pays agricoles européens comme l’Espagne, la Pologne, l’Allemagne ou la France se sont lancés dans la course et ont développé une capacité de production d'éthanol. Cet éthanol est ensuite dans sa quasi-totalité transformé en ETBE (Ethyl Tertio Butyl Ether) pour être incorporé à l’essence. Dans ces pays où plus de la moitié du parc automobile fonctionne au diesel, c’est le biodiesel qui l’emporte largement. Malgré tout, la France, premier producteur de céréales européen, estime avoir une carte à jouer dans la production d’éthanol. Les agriculteurs y voit une défense des volumes de leur production de betteraves et de céréales et, via leurs coopératives, investissent dans les infrastructures. Ce sont 5 usines d’éthanol qui ont vu et voient actuellement le jour en France. Parallèlement, le gouvernement prévoit la mise en place de 500 pompes vertes E-85 d’ici à la fin 2007 !

Les carburants verts : enfin la solution ?

Si les biocarburants semblent promis à un bel avenir il ne faut pas cependant sous-estimer les défis qu’ils représentent. A l’exception de l’éthanol brésilien, leurs coûts de production sont encore élevés : ils sont de 2 à 3 fois plus coûteux à produire que les produits pétroliers et nécessiteraient d’importantes surfaces agricoles pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par l’Union Européenne et la plupart des états membres. D’autre part, la consommation mondiale de biocarburants représente aujourd’hui 15 millions de tonnes équivalent pétrole par an alors que la consommation mondiale de pétrole est de 3500 millions par an.

Enfin, les détracteurs de l’or vert doutent de son bilan écologique. Les biocarburants permettent certes de moins émettre de gaz à effet de serre mais dans une proportion bien moindre que si la biomasse dont ils sont issus était directement brûlée pour produire de la chaleur ou de l’électricité. C’est le point de vue d’un pays comme le Danemark, toujours réticent au développement des biocarburants.

Alors pour ou contre ? De nombreuses questions restent en suspend mais quoiqu’il en soit, les biocarburants nous entraînent bien dans l’aventure de « l’or vert » !

 

Définition :

L'E-85 est un carburant issu de l'incorporation directe et majoritaire d'éthanol dans de l'essence sans plomb non modifiée. L'éthanol est mélangé directement avec l'essence. Son taux d'incorporation peut atteindre jusqu'à 85%. La base essence utilisée est du SP95 standard. L’E-85 ne peut fonctionner que dans un véhicule spécialement adapté, le « flex fuel » qui peut aussi rouler à l’essence ou à tout mélange contenant jusqu’à 85 % d’éthanol. Pour l’instant, deux marques proposent chacune un modèle disponible sur le marché français.

NOTES

Le coût de transformation d'une station service pour la rendre apte à distribuer l'E85 peut être estimé entre 20 000 et 40 000 €.

En 2005, la France comptait 13 750 stations services.
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