La conférence internationale sur le climat qui s’est tenue à Bali du 3 au 14 décembre sous l’égide de l’ONU avait pour but de lancer un nouveau cycle de négociations destinées à donner une suite au protocole de Kyoto, qui arrivera à échéance en 2012.
Après un an d'intenses échanges sur la question du climat, quelques 190 pays et environ 10 000 délégués se sont réunis à Bali pour lancer le débat sur une "feuille de route" qui devra conduire à un large accord climatique d'ici fin 2009 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
Cette « feuille de route » a été adoptée, elle permettra de poser les jalons d’un nouvel accord pour la période au-delà de 2012 qui devra être plus large en incluant les plus grands émetteurs de la planète comme les Etats-Unis, l’Inde et la Chine et aussi plus ambitieux que le protocole de Kyoto.
Ce processus de négociations devra être lancé au plus tard en avril 2008 et conclu fin 2009. Chaque année, quatre sessions se tiendront à travers le monde, afin d'aboutir à un accord fin 2009 lors de la conférence sur le climat organisée par l’Onu à Copenhague. Une première réunion sur la mise en application de la "feuille de route de Bali" devrait se tenir au Ghana au début de l'an prochain.
Les principaux points de l'accord de la conférence de l'Onu sur les changements climatiques à Bali :
La feuille de route de Bali :
Les négociations sur les suites à donner au protocole de Kyoto, dont les premiers engagements expirent en 2012, doivent commencer "au plus tard en avril 2008" et aboutir en 2009.
"L'urgence" d'une action internationale face au changement climatique actuel et prévisible, en renvoyant aux travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) par une note de bas de page dans le préambule.
Deux scénarios sont évoqués aux pages concernées :
- Une réduction des émissions de -10 à -30% (par rapport à 1990) pour les pays industrialisés d'ici 2020, avec des efforts "marginaux" de la part des pays en développement.
- Le deuxième, plus ambitieux, recommande -25 à -40% d'ici 2020 pour les pays développés, 50% pour tout le monde d'ici 2050.
Lancement d’un "processus" global qui, pour la première fois, réuni sous le même chapeau pays industrialisés et pays en développement, invités à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Aux premiers, l'accord enjoint de prendre les "engagements ou actions appropriés", ce qui laisse ouvert à ce stade et à la demande des Etats-Unis le caractère contraignant ou non des futurs engagements. Les seconds sont priés de lancer "des actions vérifiables et mesurables", sans notion de contrainte.
L'accord promet de renforcer les financements disponibles et les investissements pour soutenir les actions d'atténuation des émissions.
Adaptation :
La gestion du Fonds d'adaptation au changement climatique, prévu par Kyoto pour aider les pays en développement à faire face aux impacts négatifs, est confiée pour trois ans à un conseil d'administration de 16 membres créé au sein du Fonds pour l'environnement basé à Washington.
Sa présidence d'un an sera tournante.
Le Fonds d'adaptation est abondé par un prélèvement de 2% sur les Mécanismes de développement propre, qui permettent aux états développés et aux entreprises des pays industrialisés de financer des projets de réduction d’émission de GES dans les pays en développement pour compléter leurs efforts de réduction d’émission de gaz à effet de serre et atteindre leurs objectifs. Il devrait atteindre 300 à 500 M USD entre 2009 et 2012, selon l'ONU.
Les forêts :
Bali prend en compte désormais les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation (1) et à la dégradation des sols (20% des émissions mondiales), complétant les dispositions retenues pour Kyoto et répondant ainsi à une forte attente des pays forestiers.
Elle encourage d'ici 2009 le lancement de projets pilotes pour lesquels un appel à contribution a été lancé.
Le transfert technologique :
La conférence lance des mécanismes qui permettront d'agir dans le cadre du futur régime post-2012. Elle constitue un groupe international d'experts pour lancer un programme de travail sur le sujet et mettre en place des indicateurs de performance. Il reviendra aux pays d'évaluer leurs besoins et de les transmettre au Fond pour l'Environnement Mondial qui se chargera de définir des "programmes stratégiques".
Captage et stockage de CO2 :
Cette technologie en cours de démonstration industrielle présente un enjeu considérable puisqu’il est envisageable de capter et de stocker dans des couches géologiques profondes les émissions concentrées des grandes installations industrielles comme en particulier les centrales électriques à gaz ou à charbon. Cela peut donc concerner de 20 à 40% des émissions à terme.La conférence a demandé à son organe scientifique et technique de rédiger pour la conférence de Poznan (Pologne) en décembre 2008 un rapport sur les possibilités d'intégrer les projets de stockage géologique du dioxyde de carbone aux Mécanismes de Développement Propre dans l'après-2012.
La France salue l’adoption d’une « feuille de route de Bali » qui met en place un processus de négociation
devant conduire, d’ici la fin 2009, à un accord global sur le régime de lutte contre le changement climatique
pour la période s’ouvrant après 2012.
En savoir plus
(1) Déforestation
Pratiques et processus conduisant à utiliser des terres couvertes de forêts à des fins non forestières. On parle de "déforestation" quand le couvert forestier résiduel a une densité inférieure à 10 % à l'hectare.
Après l’utilisation d’énergie fossile, la déforestation est un des principaux facteurs contribuant à l'effet de serre parce que la forêt constitue un puits naturel de carbone très important et que la combustion ou la décomposition de ce bois rejettent dans l'atmosphère le carbone stocké.
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